Un coup de pouce aux ingénieurs de la prochaine génération

Publié le jeudi 29 mars 2018

Matt Sehri est agenouillé près d’un modèle d’aéronef, une main posée sur son aile. Sarah Horton, souriante, est assise sur un tabouret et tient à la main un moteur et un membre robotisé recourbé.

Matt Sehri, capitaine du SAE Aerospace Club uOttawa et Sarah Horton, capitaine de l’équipe bionique de l’Université d’Ottawa, présentent des composantes de leurs projets respectifs à l’atelier de l’ETIP. En tout, onze équipes d’étudiants en génie utilisent l’ETIP pour bâtir des projets de grande envergure et rivaliser contre des universités des quatre coins du monde. Photo : Mike Foster.

Par Mike Foster

Des étudiants et étudiantes en génie qui cherchent à repousser les limites de la bionique, de la robotique, de la fuséologie et du rendement énergétique des voitures sont au nombre de ceux et celles qui profitent de l’apprentissage expérientiel à l’Université d’Ottawa.

Leurs projets de prototype ont incité l’ex-ingénieur électricien John McEntyre à appuyer généreusement l’Espace de travail et d’intégration des projets (ETIP), une installation d’essais, en lui octroyant un don de 1,5 million de dollars. Grâce à celui-ci, les équipes étudiantes pourront obtenir du soutien direct, de l’encadrement, de nouvelles technologies et de l’équipement.

John McEntyre en veston et cravate.

John McEntyre. Photo: Bonnie Findley.

Après avoir assisté à une exposition à la Faculté de génie l’an dernier, M. McEntyre s’est dit impressionné par certains des projets de conception présentés, comme une voiture électrique ultra-efficace et un toboggan de béton. Situé à côté du Centre Brunsfield au campus Lees, l’ETIP propose un lieu de collaboration où les étudiants et étudiantes en génie peuvent apprendre par l’expérience.

« Je trouve que c’est une excellente façon de former des ingénieurs. Ce sont des choses que nous n’avions pas quand j’étais étudiant », affirme M. McEntyre.

Après avoir obtenu son baccalauréat et sa maîtrise en génie électrique de l’Université d’Ottawa en 1965 et 1969, M. McEntyre a connu une brillante carrière chez IBM et aux laboratoires Bell-Northern. Il a conçu des systèmes d’exploitation et des logiciels de communication pour Honeywell et s’est joint plus tard à Nortel Networks.

« Quand j’ai terminé mes études, l’informatique n’existait même pas. L’industrie du traitement des données était en plein essor et on embauchait des ingénieurs électriciens, explique M. McEntyre. C’était le début de l’évolution technologique des ordinateurs, et j’étais là à la pointe du progrès. »

Pendant ses études supérieures, il a donné plusieurs cours au centre informatique. En début de carrière, il a travaillé en Iran pendant la révolution de 1978-1979, après quoi il a accepté des postes à Ottawa, à Mississauga et dans la Silicon Valley. Aujourd’hui, M. McEntyre souhaite soutenir les prochaines générations d’ingénieurs.

« J’espère qu’ils auront autant de plaisir que moi à voir évoluer la technologie, ajoute-t-il. Si j’avais su à la fin de mes études où nous en serions aujourd’hui en fait d’innovation, je n’y aurais jamais cru. Je sens que cette nouvelle génération d’ingénieurs aura la chance d’être témoin d’une aussi grande évolution technologique – du moins je lui souhaite – et que nous verrons des choses dont nous osons à peine rêver aujourd’hui. »

Sarah Horton, capitaine de l’équipe bionique de l’Université, et Matt Sehri, capitaine du SAE Aerospace Club uOttawa, sont grandement reconnaissants du soutien de M. McEntyre. Ces étudiants dirigent deux des onze équipes qui utilisent l’ETIP pour se préparer à tester leurs innovations dans le cadre de concours préprofessionnels. À l’heure actuelle, l’ETIP sert principalement à entreposer le matériel. Pour utiliser des machines, des tours et des outils de soudage, les équipes doivent aller au Centre Brunsfield situé tout près, qui est partagé avec d’autres étudiants et étudiantes en génie. L’ETIP, qui a été renommé l’Espace de travail John-McEntyre, déménagera en septembre 2018 au rez-de-chaussée du tout nouveau Complexe STEM, construit au coût de 115 millions de dollars.

« Nous avons hâte d’avoir plus d’espace, car c’est parfois un peu chaotique », dit Matt Sehri, dont l’équipe travaille à la construction d’un aéronef télécommandé.

Sarah Horton et son équipe continuent de travailler sur un exosquelette robotique conçu pour aider les victimes d’accident vasculaire cérébral à retrouver graduellement leurs mouvements musculaires.

L’Université d’Ottawa met de plus en plus l’accent sur l’apprentissage expérientiel. Trois dons totalisant plus de 3 millions de dollars se sont d’ailleurs récemment ajoutés pour appuyer ce type d’apprentissage.

Outre le don de M. McEntyre, l’initiative a bénéficié d’un don de 650 000 $ de Simon Nehme, diplômé de l’Université d’Ottawa en génie informatique et cofondateur de Protus IP Solutions, pour trois projets connexes : l’École d’été en entrepreneuriat Simon-Nehme, qui vise à attirer de nouveaux étudiants dans l’écosystème entrepreneurial, les espaces de conception collaborative Simon-Nehme, des aires que les étudiants pourront aménager à leur guise pour leurs séances de remue-méninges, et le programme de démarrage d’entreprise STIM, qui soutient des étudiants et étudiantes ayant lancé une entreprise. Un don anonyme d’un million de dollars appuiera aussi le nouveau programme Tremplin pour l’innovation en arts et en sciences sociales, conçu pour favoriser l’esprit d’entreprise en sciences humaines, en sciences sociales et dans les arts.

Grâce à tout ce soutien, les étudiants et étudiantes de l’Université d’Ottawa ont de nouvelles occasions de donner vie à leurs idées.

En 2015, l’Université d’Ottawa a lancé la campagne Défier les conventions, dont l’objectif est de 400 millions de dollars, pour recueillir des fonds à l’appui des priorités de chaque faculté. Cette campagne aidera l’Université à recruter les meilleurs candidats et à les retenir, ainsi qu’à enrichir l’expérience étudiante. Les dons serviront également à financer des projets d’immobilisations innovateurs.

Un homme portant des lunettes de sécurité se penche sur un étau, tandis qu’un second travaille sur la carrosserie d’un véhicule où des dents et des yeux de requin ont été peints. L’atelier où ils travaillent est garni de pinces et de tournevis, et un ordi

Deux membres de l’équipe Supermileage de l’Université d’Ottawa travaillent à améliorer le rendement énergétique de leur véhicule à l’Espace de travail et d’intégration des projets (ETIP). Photo : Félix Bouffard.

 

Haut de page