Le désir de s’impliquer et de repousser ses limites – ce qu’ont en commun les Schulich Leaders cette année

Publié le mardi 29 septembre 2020

 Angéline Lafleur, à gauche, et Jeremy Leigh, à droite.

Angéline Lafleur, à gauche, et Jeremy Leigh, à droite.

Quelle n’a pas été la surprise d’Angéline Lafleur et de Jeremy Leigh d’apprendre que leur nom avait été retenu pour la bourse d’études Schulich Leader! En recevant l’invitation à une réunion virtuelle avec un représentant de l’Université d’Ottawa, ils ont tous deux pensé qu’il s’agissait d’une dernière occasion de se démarquer.

Cependant, l’Université d’Ottawa avait déjà arrêté son choix sur ces deux jeunes passionnés résolus à laisser leur marque dans les domaines de l’informatique quantique et du génie mécanique.

Cette année, 100 bourses d’études Schulich Leader ont été remises à des diplômés et diplômées du secondaire à l’esprit entrepreneurial qui s’inscrivent en sciences, en technologie, en ingénierie ou en mathématiques (STIM) dans l’une des 20 universités partenaires du programme au Canada. Faites connaissance avec la cuvée 2020!
 

Angéline Lafleur expose le montage photographique d’un ordinateur quantique.

Angéline Lafleur expose le montage photographique d’un ordinateur quantique. Le texte en coréen signifie « ordinateur quantique ».

Angéline Lafleur : sauter à pieds joints dans l’univers de l’informatique quantique

Angéline Lafleur travaillait pour un service de dépannage informatique dans le cadre du programme coopératif de son école secondaire quand un client a demandé à son superviseur s’il était prudent de faire confiance à une fille pour réparer des ordinateurs. Elle se souvient de l’incident parce que c’était l’une de ses premières expériences de discrimination.

« Mes deux parents sont ingénieurs électriques, donc, depuis un jeune âge, j’ai été exposée à divers domaines dans les sciences et la technologie. Puisque j’ai participé à beaucoup d’activités dans les STIM avec d’autres filles, je ne comprenais pas, au début, pourquoi certaines personnes disaient qu’il y avait un manque de femmes dans ces domaines ou que les STIM ne sont pas accueillants pour elles. C’est plus tard, lorsque je me suis retrouvée seule dans mes cours de technologie, que j’ai réalisé qu’il y avait un problème. Je peux certainement comprendre pourquoi une fille ne voudrait pas aller dans un domaine où elle se sent aliénée. »

En grandissant, Angéline a pris part à de nombreux camps scientifiques et technologiques pour filles, où elle faisait des expériences en laboratoire et apprenait les bases de la programmation informatique. Au fil des ans, elle a participé à de nombreux ateliers pour filles en ingénierie et en robotique, dont quelques-uns à l’Atelier Makerspace Richard-L’Abbé de l’Université d’Ottawa.

Au secondaire, elle a passé un mois à l’Université d’Ottawa à l’occasion d’un camp d’été du Programme Shad, enchaînant les séminaires, laboratoires et autres activités d’apprentissage pratique liées à l’entrepreneuriat et aux STIAM (STIM plus les arts). Elle a également aidé à enseigner la programmation et le codage informatique aux jeunes de sa communauté, en plus d’être mentore pour le programme Technovation, qui invite des groupes de filles à développer une application mobile pour résoudre un problème concret dans leur communauté.
 

Angéline enseigne la programmation informatique aux jeunes du secondaire.

Angéline enseigne la programmation informatique aux jeunes du secondaire.

Sa rencontre avec l’une de ses idoles, la chercheuse en informatique quantique à l’Université de Waterloo Na Young Kim, et sa participation au programme Quantum Cryptography School for Young Students (QCSYS) de l’Institut d’informatique quantique ont été déterminantes. Actuellement inscrite en physique et en génie électrique à l’Université d’Ottawa, Angéline prévoit déjà poursuivre ses études aux cycles supérieurs en informatique quantique.

« C’est Na Young Kim qui m’a fait découvrir le domaine et qui a vraiment inspiré mon choix de carrière. L’informatique quantique est un nouveau domaine qui risque de grandement influencer et changer la façon dont on vit. C’est un sujet qui me passionne et j’ai vraiment hâte de jouer un rôle de premier plan dans l’avancement de cette technologie de pointe transformatrice. »

L’un des buts ultimes d’Angéline est de redonner à la communauté scientifique et technologique, qui a tant enrichi son enfance. Pour aider le ministère de l’Éducation de l’Ontario à mettre en œuvre le nouveau curriculum de mathématiques au niveau élémentaire, la jeune femme travaille d’ailleurs avec un groupe de boursiers et boursières Schulich de cette année au développement de ressources destinées à ceux et celles qui débutent dans l’enseignement de la programmation informatique.

Angéline collabore aussi avec son ancienne école, l’École secondaire catholique Garneau à Orléans, en réinvestissant les fonds que sa famille a économisés grâce à la bourse d’études Schulich Leaders. Elle veut ainsi offrir une bourse nommée eSTIMe (Estime) à une jeune fille qui a suivi le programme de technologie et qui souhaite poursuivre des études postsecondaires dans un programme de STIM.

« Je souhaite rendre les STIM accueillantes pour tout le monde, surtout pour les filles, et montrer que n’importe qui doté de curiosité, du désir d’apprendre et de créativité dans la logique peut rentrer dans les STIM. À toutes les filles qui s’intéressent à ça : sachez qu’il y a une communauté de femmes dans le monde qui vous appuie. »
 

Jeremy Leigh sur une plage au coucher du soleil.
Redonner à la communauté, une priorité pour l’athlète et étudiant Jeremy Leigh

Comme bon nombre de personnes qui fréquentent une université à l’extérieur de leur ville natale, Jeremy Leigh a commencé son premier cycle dans des circonstances très différentes de celles des boursiers Schulich qui l’ont précédé. Au trimestre d’automne, c’est depuis son bureau – qu’il a lui-même fabriqué – à Campbellton, au Nouveau-Brunswick, qu’il a rejoint ses camarades de génie mécanique.

Heureusement, il n’est pas dans sa nature de fuir à la moindre difficulté. Avec sa famille et sa communauté à ses côtés, il est prêt à se lancer dans l’aventure universitaire.

« J’ai grandi avec ma sœur et ma mère. Mon père est décédé quand j’avais deux ans, donc j’ai toujours grandi dans une famille monoparentale et je pense que ça m’a rendu plus autonome. J’ai eu des responsabilités que d’autres jeunes de mon âge n’ont pas forcément eues et j’ai souvent dû me débrouiller tout seul pour apprendre. Je suis chanceux d’avoir grandi ici, à Campbellton. Ma ville natale m’a offert de belles opportunités et je suis vraiment reconnaissant à ma communauté de tout le soutien qu’elle m’a apporté », dit-il. « J’avais vraiment hâte de passer ma première année à Ottawa, mais je sais profiter du temps de plus que je peux passer ici, à la maison, avec ma famille, mes amis et tous ceux qui m’ont aidé à devenir la personne que je suis aujourd’hui. »

Jeremy a trouvé des moyens de redonner à sa communauté en faisant la promotion de la santé et du mieux-être par le sport. En 2016, il a participé au Grand Défi des Héros du cœur, une initiative cycliste qui mobilise les étudiants francophones du Nouveau-Brunswick à recueillir des fonds pour favoriser l'activité physique chez les jeunes des régions participantes. Avec l’argent récolté, ils ont acheté des vélos stationnaires pour les jeunes et les membres de la collectivité locale.

Jeremy a également participé aux Jeux d’été du Canada de 2017 en natation et aux Jeux d’hiver de 2019 en ski de fond et en biathlon. Il a été et continue d’être un représentant des athlètes au sein du comité de haute performance de Ski de fond Nouveau-Brunswick, veillant à ce que leurs besoins soient entendus et comblés.

« Le sport a joué un grand rôle dans ma vie. J’ai appris beaucoup de choses en tant qu’athlète, soit le leadership, le travail d’équipe, la motivation, la persévérance et l’engagement, et aussi à bien gérer mon temps et à me fixer des objectifs. J’avais beaucoup de modèles en sport quand j’étais jeune et ils m’ont vraiment inspiré à redonner à ma communauté, à agir en leader, à encourager mes coéquipiers et à toujours avoir une attitude positive. »
 

Jeremy participant aux Jeux d’hiver du Canada de 2019 en biathlon.

Jeremy participant aux Jeux d’hiver du Canada de 2019 en biathlon.

Son ancien employeur et mentor, André Boissonnault, a également été une grande source d’inspiration pour le jeune athlète. Durant sa dernière année au secondaire, Jeremy a travaillé pour son entreprise d’ingénierie et d’arpentage, en tant qu’inspecteur chargé de superviser le processus de tuyauterie dans les réseaux d’égouts.

« Il réussit toujours à voir le côté positif et il trouve des solutions à tous les problèmes! Je crois qu’il ne dort jamais. Il est vraiment connaissant, il aime apprendre de nouvelles choses et partager ses connaissances. Il est toujours disponible pour aider les autres, peu importe le défi. Je l’admire vraiment et j’aspire à faire preuve d’autant de générosité que lui », affirme Jeremy.

Jeremy a également un côté entrepreneurial. À l’âge de 12 ans, il a créé sa propre entreprise pour aider les personnes âgées de sa communauté à s’occuper de leur terrain et à effectuer d’autres tâches. Il est aussi très curieux de savoir comment les choses fonctionnent. Enfant, il passait des heures à démonter et remonter des appareils et à essayer de réparer des objets aussi diversifiés que des caméras et des tondeuses à gazon. Le génie mécanique lui a donc semblé un choix tout naturel.

« C’est un domaine qui pourrait assouvir mon besoin de comprendre le fonctionnement des choses autour de moi, ainsi que de savoir comment et pourquoi elles ont été conçues. Je suis particulièrement intéressé par les automobiles, car elles ont plusieurs systèmes qui travaillent en conjonction pour former une unité qui fonctionne bien. Avec le réchauffement climatique, qui est un problème sérieux, on a besoin d’avoir des moyens de transport et des méthodes de construction plus efficaces et écologiques. Le monde automobile est en évolution et je veux vraiment faire partie du changement et contribuer au développement de solutions respectueuses de l’environnement. Je suis fier d’être boursier Schulich Leader à l’Université d’Ottawa et j’ai hâte de relever les nombreux défis qui m’attendent au cours des cinq prochaines années. »

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