L’enjeu :
Le contrat social pour la science et l'innovation est sous tension. Avec le déclin de la confiance, il y a des signes inquiétants d'un public incertain de la valeur et de l'autorité de la science dans leur vie quotidienne, et une déconnexion croissante entre ce que le public considère de plus en plus comme des institutions inaccessibles et élitistes et ce que les scientifiques considèrent comme un manque d'appréciation du public pour les modes et le mérite de leur travail. Dans un même temps, les processus de la science et de l'innovation ont connu des développements majeurs et leurs intersections avec la politique publique, les communications et les grands défis sociétaux. En cette période de fortes tensions sociales, économiques et environnementales, il est encore plus nécessaire que la science et l'innovation soient au cœur de la réponse de la société. Il est impératif que le Canada repense (et peut-être remplace) le contrat social d'après-guerre et établisse une relation renouvelée et renforcée adaptée aux défis et aux possibilités de cette époque.
Le projet :
L'objectif de ce projet de développement de partenariat du CRSH est d'examiner le contrat social d'après-guerre qui sous-tend l'entreprise scientifique canadienne et d'explorer les éléments d'un nouveau cadre stratégique. En collaboration avec les secteurs public, privé, universitaire et sans but lucratif, le partenariat sera développé pour mener des recherches sur les politiques, organiser des tables rondes et modéliser de nouvelles approches de codéveloppement des connaissances par le biais d'un exercice de prospective et de cartographie. Ce programme de recherche intègre six thèmes qui ont émergé de la recherche précurseur sur les déficiences du contrat d'après-guerre :
- Innovation inclusive, dirigée par Sandra Schillo, professeure agrégée à la Telfer School of Management and Inclusive Innovation et membre principal de l'Institut des sciences, de la société et des politiques de l'Université d'Ottawa
- Interdisciplinarité, indigénat et autres modes de connaissance, dirigé par Kyle Bobbiwash, professeur adjoint, chercheur autochtone, département d'entomologie, Université du Manitoba, et chercheur en résidence, Bureau du conseiller principal en sciences auprès du premier ministre du Canada
- Recherche axée sur la mission, dirigé par Peter Phillips, professeur distingué et titulaire d'une chaire d'études supérieures à la Johnson Shoyama Graduate School of Public Policy ; directeur du Centre for the Study of Science and Innovation Policy ; membre associé du Department of Bioresource, Policy, Business and Economics, College of Agriculture; et membre associé du Department of Economics, College of Arts and Science, Université de la Saskatchewan, et David Castle, professeur à la School of Public Administration et à la Gustavson School of Business de l'Université de Victoria et chercheur en résidence au Bureau du conseiller scientifique principal du premier ministre du Canada.
- Communication scientifique, sensibilisation et engagement du public, dirigée par Rhonda Moore, directrice exécutive, Science et innovation, Institut sur la gouvernance, et présidente des Écrivains et communicateurs scientifiques du Canada
- Compétences et connaissances, dirigée par Sandra LaPointe, professeur de philosophie à l'Université McMaster
- Confiance, intégrité et éthique scientifique, dirigé par Jeff Kinder, directeur de projet, Conseil des académies canadiennes et cadre en résidence, Institut des sciences, de la société et des politiques, Université d'Ottawa
Objectifs clés :
- Identifier et examiner les éléments, hypothèses, valeurs et préjugés du contrat d'après-guerre ;
- Travailler avec une coalition multisectorielle d'acteurs pour rechercher des solutions politiques, dans et à travers les six thèmes, qui abordent et actualisent les termes du contrat en accord avec le contexte canadien contemporain ; et
- Diffuser et mobiliser ces connaissances et offrir des moyens pratiques de remodeler le cadre stratégique pour la science et l'innovation.
La mobilisation des connaissances, notamment au moyen de documents de politique rédigés en langage clair et de la cocréation de connaissances avec les partenaires fédéraux, sera au cœur du programme de recherche en partenariat proposé. Grâce à ces activités, les résultats de la recherche éclaireront la politique canadienne en matière de science et d'innovation et le développement d'une relation renouvelée entre la science et la société. L'équipe du projet sera guidée par un conseil consultatif externe.
Le partenariat :
La recherche sera dirigée conjointement par la chercheuse principale Sandra Schillo, Jeff Kinder, de l'Institut pour la science, la société et la politique, et Rhonda Moore, de l'Institut sur la gouvernance, une institution d'intérêt public sans but lucratif qui se consacre à l'amélioration de la gouvernance publique. Des collaborateurs de l'Université McMaster, de l'Université du Manitoba, de l'Université de la Saskatchewan et de l'Université de Victoria apporteront une importante expertise en tant que responsables de thèmes et soutiendront la participation des étudiants. D'autres partenaires, dont le Belmont Forum, la Business Higher Education Roundtable (BHER), le Centre canadien de la politique scientifique, Génome Canada, Ingenium, Optonique et l'Université York, participeront tout au long du projet en apportant des connaissances thématiques à la recherche et en facilitant une vaste mobilisation des connaissances afin que les résultats du projet contribuent à l'agenda politique du Canada en matière de science et d'innovation