Apprentissage par l’engagement communautaire : cap sur Kamengo

Publié le vendredi 9 juin 2017

Merey Fam (gauche) et Hunter Kelly enseignent le calcul à l’extérieur du Club des garçons et filles Agnes Zabali, à Kamengo. Photos: Ruth Kane

Par Maria Paulina Mendoza et Kelly Haggart

Au printemps, quatre étudiantes ont effectué un stage mémorable dans un village de l’Ouganda, pavant ainsi la voie à d’autres futurs enseignants de l’Université d’Ottawa.

Professeure et directrice des programmes d’études supérieures (volet anglophone) de la Faculté d’éducation, Ruth Kane entretient depuis longtemps un lien personnel avec le village de Kamengo, à une cinquantaine de kilomètres de Kampala, la capitale ougandaise.

Très investie auprès du Club des garçons et filles Agnes Zabali, la professeure a déjà visité Kamengo à quatre reprises. Cette année, grâce à l’appui de la Faculté d’éducation et du Centre Michaëlle-Jean pour l’engagement mondial et communautaire, un tout premier stage y a été mis sur pied pour les futurs enseignants de l’Université d’Ottawa.

« Les gens viennent d’horizons très divers, et les éducateurs doivent le comprendre, affirme Ruth Kane. Ce stage à l’étranger invite les futurs enseignants à jeter un nouveau regard sur le monde. »

En avril 2017, pendant trois semaines, les quatre futures enseignantes ont fait la classe à tour de rôle aux groupes quatrième et de cinquième année – des classes comptant parfois jusqu’à 89 élèves – dans un environnement qui détonnait radicalement de celui auquel elles avaient été habituées.

« Les classes se font sur la terre battue, avec un seul manuel pour le groupe. Des ouvertures ont été pratiquées dans les murs en guise de fenêtres, poursuit la professeure. Pour nos futures enseignantes, c’était notamment l’occasion de se familiariser avec des styles d’enseignement et d’apprentissage bien différents, ce qui les aide à acquérir une certaine maturité en tant qu’éducatrices. »

Alicia Luna stands in front of a class of boys in Kamengo, Uganda

Alicia Luna fait la classe à l’école primaire St-Anne Ggoli, à Kamengo.

Erin Bowdridge a créé des cahiers d’exercices de géographie pour les enfants du club.

Au terme de leurs journées d’enseignement à l’école primaire du village, les futures enseignantes faisaient du tutorat, planifiaient des activités et jouaient avec les jeunes qui se rendaient au club après l’école.

« Les enfants de Kamengo ont soif d’éducation et de loisirs. Ils se sont tout de suite attachés à nos enseignantes nouvellement diplômées. »

Le premier passage de Ruth Kane à Kamengo remonte à 2014; elle participait alors à une expédition médicale pour l’Alliance de santé communautaire Canada-Afrique (ASCCA), un organisme à vocation humanitaire cofondé par le Dr Don Kilby, directeur médical du Service de santé de l’Université d’Ottawa.

Au moment de cette première visite, la professeure s’investissait déjà depuis sept ans auprès du village, soit depuis sa rencontre à Ottawa avec Agnes Zabali et son fils, Jimmy Sebulime. Réfugiée de la guerre civile en Ouganda, Agnes Zabali s’était établie au Canada en 1985, où elle avait pu offrir de bonnes conditions de vie à sa famille. Aidée de son fils, elle œuvrait toutefois sans relâche pour améliorer le sort des habitants de son village natal.

Après le décès tragique d’Agnes Zabali en Ouganda en 2012, Jimmy Sebulime s’est engagé à poursuivre le travail entrepris par sa mère pour venir en aide aux enfants vulnérables de Kamengo. Aujourd’hui, Ruth Kane et lui sont tous deux membres d’un petit comité d’Ottawa qui amasse annuellement plus de 40 000 $ pour venir en aide au club rebaptisé en l’honneur d’Agnes Zabali.

« Nous travaillons étroitement avec un comité jeunesse à Kamengo; ensemble, nous sommes parvenus à offrir aux enfants et aux adolescents des espaces où ils peuvent étudier et jouer en toute sécurité », explique la professeure.

Les fonds amassés à Ottawa servent à payer les droits de scolarité et à acheter des fournitures pour les 155 jeunes à Kamengo; ils permettent aussi à certains d’entre eux de poursuivre leurs études à un niveau supérieur en Ouganda, poursuit-elle.

Ruth Kane espère faire de ce stage d’apprentissage par l’engagement communautaire une tradition annuelle pour les futurs enseignements de l’Université d’Ottawa. Déjà, une quinzaine d’étudiants se sont inscrits pour le voyage à Kamengo en avril prochain.

Article connexe : S’entraîner pour le marathon de Boston... en Ouganda

En savoir plus sur le Club des garçons et filles Agnes Zabali (en anglais seulement)

En savoir plus sur les programmes de la Faculté d’Éducation de l’Université d’Ottawa

La professeure Ruth Kane en visite à Kamengo en 2015.

Vue du sommet de la colline au cœur de Kamengo

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