Au secours des victimes d’une guerre « oubliée »

Publié le mardi 22 novembre 2016

Zein Ahmed

Zein Ahmed

Par Brandon Gillet

Une étudiante de l’Université d’Ottawa a lancé une campagne d’autofinancement pour aider les personnes qui ont fui le conflit meurtrier au Yémen et trouvé refuge à Djibouti, un pays avoisinant d’une grande pauvreté. Zein Ahmed, étudiante de quatrième année en sciences biomédicales, espère du même coup sensibiliser la population à cette guerre « oubliée » qui a fait plus de 10 000 victimes yéménites et plus de deux millions de réfugiés.

L’objectif de l’étudiante consiste à amasser 8 000 $ d’ici le 22 décembre 2016. Elle s’envolera ensuite vers Djibouti pour apporter des fournitures dont ont grand besoin les réfugiés du camp de Markazi, qui vivent dans des conditions catastrophiques non loin de la ville d’Obock.

« Cette crise touche des membres de ma famille au Yémen comme à Djibouti – j’ai donc voulu me rendre sur place pour apporter mon aide aux gens qui s’y trouvent », explique-t-elle.

Tandis qu’elle se préparait à visiter des proches à Djibouti pendant les fêtes, Zein Ahmed s’est intéressée aux efforts mis de l’avant pour alléger la crise humanitaire qui sévit dans la région. Ce faisant, elle a appris que plus de 180 000 Yéménites s’étaient exilés vers des nations avoisinantes pour échapper à la guerre civile qui déchire leur pays depuis 20 mois. 

Zein Ahmed, qui est née à Ottawa de parents d’origine yéménite et djiboutienne, transportera des médicaments à bord de l’avion qui la mènera à sa destination. Une fois arrivée à Dijbouti, elle se procurera de la nourriture, des vêtements et des produits d’hygiène que le Haut Commissariat aux réfugiés de l’ONU a désignés comme essentiels. Elle a déjà rencontré le représentant du HCR au Canada pour harmoniser ses efforts à ceux des équipes des Nations Unies sur le terrain et assurer son trajet vers le camp.

« La famille de mon père est originaire de la ville de Taiz, au Yémen, qui a récemment été ébranlée par les combats », explique-t-elle. « Nos proches ont dû fuir vers la capitale, Sanaa, qui n’est guère plus sécuritaire. Ils sont donc toujours éprouvés par ce conflit. »

Le camp de réfugiés de Markazi a été édifié à la hâte après le début des hostilités, poursuit-elle. La déshydratation y est une menace bien réelle, puisque le camp est situé dans une région excessivement chaude et aride où les tempêtes de sable sont monnaie courante.

« Bon nombre d’enfants sont malades à leur arrivée du Yémen. Comme l’aide médicale manque pour les réfugiés, leur état se détériore. Les conditions précaires qui règnent à Djibouti, déjà aux prises avec ses propres difficultés sur le plan de l’alimentation, de l’emploi et de la santé, n’en sont qu’exacerbées. Ils ont déjà du mal à s’occuper de leur population – comment peuvent-ils prendre soin de 36 000 réfugiés? »

Selon Zein Ahmed, plus de 80 % des 25 millions de Yéménites auraient besoin d’aide humanitaire.

« Lorsqu’on me demande à quoi ressemble la situation au Yémen, explique-t-elle, je réponds que la guerre civile qui y fait rage ressemble en tous points à celle qui se déroule en Syrie. »

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