S’entraîner pour le marathon de Boston... en Ouganda

Publié le mercredi 14 juin 2017

Collation des grades printemps 2017 : moments décisifs

Pour satisfaire les exigences de son grade en matière de placement bénévole, Hunter Kelly (B.Ed. 2017) a effectué un stage à l’étranger en avril 2017. Elle relate ici comment elle est devenue la coureuse étoile d’un village d’Afrique.


Herman et Hunter, camarades de course

Au printemps, je me suis envolée vers Kamengo, en Ouganda, en compagnie de la professeure Ruth Kane et de trois autres futures enseignantes. Là-bas, nous donnions des leçons pendant la journée, tandis que nos soirées étaient consacrées aux mathématiques, à la lecture, à l’anglais et au bricolage avec les enfants du Club garçons et filles Agnes Zabali.

Malgré ses quelque 13 000 âmes, le village de Kamengo est relativement petit et ne compte qu’une seule route principale. Nous logions au milieu de cette agglomération, au sommet d’une imposante colline qu’il me fallait chaque jour monter et descendre au pas de course. C’est un défi que je relevais volontiers – après tout, je devais m’entraîner!

Plus tôt cette année, je me suis qualifiée pour ma première participation au marathon de Boston. Mon père et moi tenions absolument à y prendre part ensemble. Mon père a disputé plus d’une centaine de marathons, tandis qu’il devait s’agir pour moi d’un cinquième événement du genre. Lorsque j’ai eu vent du stage à Kamengo, j’ai décidé de faire d’une pierre deux coups en combinant placement et entraînement.

Et quelle expérience ce fut! Kamengo est situé près de l’équateur, et il y fait très chaud. J’aimais courir au petit matin, lorsqu’il faisait encore plutôt frais. Sur le chemin de l’école, les enfants se lançaient à mes trousses pour essayer de m’en taper cinq – c’était vraiment amusant. Il m’arrivait de remplir mes poches de bonbons pour leur en distribuer au passage. Il n’en fallait pas plus pour devenir une véritable vedette!

Après l’école, je m’entraînais en compagnie d’Herman, un jeune rigolo capable de me battre à plate couture dans ses sandales de plastique. Même avec mes chaussures de course, j’étais inquiète de courir sur les chemins de terre truffés de gigantesques nids de poule. Herman n’en faisait pas de cas, j’appréciais sincèrement sa compagnie.

Je n’avais aucune idée de ce à quoi m’attendre pour ce premier voyage en Afrique. J’ai adoré mon expérience, et j’espère y retourner l’an prochain, lorsque Ruth reprendra la route du village en compagnie d’autres étudiants de la Faculté d’éducation.

Après le long trajet du retour, je n’avais qu’une journée à Boston pour me reposer avant la course. J’étais en plein décalage horaire et le mercure était anormalement élevé – j’étais heureuse de m’être entraînée sous le soleil de l’Uganda. Lorsqu’on s’entraîne tout l’hiver à l’extérieur à Ottawa, une transition à des températures de 20oC et plus peut suffire à occasionner des blessures lorsqu’on doit fournir des efforts soutenus pendant trois heures trente.

Malgré tout, le marathon s’est très bien déroulé. J’étais satisfaite de mon chrono et je suis même parvenue à enregistrer un meilleur temps que mon père – une première!

Article connexe :  Apprentissage par l’engagement communautaire : cap sur Kamengo

Pendant leurs étirements, Hunter et Herman étaient souvent accompagnés par d’autres qui imitaient leurs gestes. Photos : Ruth Kane

Haut de page