Des spécialistes de l’Université d’Ottawa démystifient la vaccination contre la COVID-19

Publié le mercredi 30 juin 2021

Une seringue insérée dans une fiole de vaccin.


À la fin du mois de juin 2021, plus de 65 % de la population canadienne avait reçu une première dose du vaccin contre la COVID-19. Alors que les efforts de vaccination continuent de s'intensifier au pays, plusieurs ont encore des questions.

Pour aider à démystifier la vaccination, l’Université d’Ottawa a organisé le mois dernier deux tables rondes en compagnie de trois spécialistes.

Voici quelques faits saillants partagés par le professeur à la Faculté des sciences de la santé, Raywat Deonandan, la professeure à la Faculté de droit, Section de common law, Colleen M. Flood, et le professeur à la Faculté de médecine, Marc-André Langlois.
 


 

Marc-André Langlois, Colleen M. Flood et Raywat Deonandan.

De gauche à droite : Marc-André Langlois, Colleen M. Flood et Raywat Deonandan.


Tous égaux face à l’efficacité du vaccin?

Les vaccins, dont l’efficacité avoisine les 95 %, promettent de nous protéger contre les symptômes graves de la COVID-19. Toutefois, comme le souligne le professeur Deonandan, leur taux d’efficacité lors de la vaccination de masse tend à être plus bas que celui observé dans les études cliniques. Pourquoi? Parce que la réponse immunitaire varie d’une personne à l’autre, notamment en raison de l’âge et de maladies sous-jacentes.

Comme le précise le professeur Langlois, la majorité des gens démontrent une très bonne réponse immunitaire à la vaccination (leurs anticorps réagissent de façon optimale quatre semaines après l’administration des deux doses du vaccin), mais certaines personnes répondent moins bien, et ne sont que partiellement protégées. Or, il est impossible de connaître la réponse immunitaire de chaque personne sans analyses en laboratoire.

La règle d’or est donc de continuer de faire preuve de vigilance tant que le virus circule et que l’immunité collective n’est pas atteinte, même si vous avez reçu vos deux doses de vaccin.
 

Qu’est-ce que l’immunité collective?

L’immunité collective est atteinte lorsque suffisamment de personnes sont immunisées. Le virus a alors de la difficulté à trouver de nouveaux hôtes à infecter, ce qui ralentit considérablement sa propagation. Il faut toutefois qu’une proportion importante de la population soit vaccinée pour atteindre cette immunité collective.

Le degré d'immunité collective nécessaire pour se protéger contre la COVID-19 dépend aussi de l'efficacité de la vaccination contre les variants nouveaux et émergents. Jusqu'à présent, tout porte à croire qu'un niveau plus élevé d'immunité collective est nécessaire pour se protéger contre le variant Delta.

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’une personne vaccinée peut quand même contracter et transmettre le virus, mais dans une mesure largement inférieure aux personnes non vaccinées. Les scientifiques s’entendent d’ailleurs pour dire qu’une personne vaccinée risque moins d’infecter les individus qui n’ont pas une réponse immunitaire suffisante ou qui n’ont pas reçu de vaccin. En d’autres mots, se faire vacciner permet de se protéger et de protéger les autres autour de soi.
 

La vaccination, un choix sûr et sécuritaire?

L’approbation d’un vaccin en vue de sa distribution au Canada requiert de nombreux processus rigoureux. La professeure Flood explique que les vaccins contre la COVID-19 ne font pas exception à cette règle, et que la rapidité avec laquelle ils ont été rendus accessibles n’entrave en rien leur sécurité.

Toutefois, les données qu’on continue d’amasser grâce à la vaccination du grand public sont cruciales et permettent de déceler des réactions et effets secondaires qui n’auraient pas été observés durant les tests cliniques.

Il est important de mettre les choses en perspective pour les personnes qui craignent les effets secondaires des différents vaccins. Lorsqu’on compare les effets secondaires potentiels et les risques associés à la COVID-19, la vaccination reste le choix à privilégier du point de vue de la science.
 

La preuve de vaccination, une nouvelle exigence?

Le concept de passeport vaccinal, ou l'obligation de présenter une preuve de vaccination, suscite de la controverse, bien qu’il ne s’agisse pas d’un concept nouveau. La professeure Flood rappelle à cet effet les preuves de vaccination demandées dans les écoles ontariennes, ou encore à la frontière de certains pays pour la fièvre jaune, par exemple. Ce qui diffère dans ce cas-ci, c’est le format numérique de la preuve et la portée universelle de la mesure, qui soulèvent entre autres des préoccupations en matière d'accès, de vie privée et de discrimination.

À l’heure actuelle, les déplacements internationaux font l’objet de nombreuses restrictions. Certains pays ont fermé leurs frontières temporairement, alors que d’autres demandent une preuve de vaccination et un test de COVID négatif pour y entrer, et imposent parfois une quarantaine à l’arrivée.

Exiger un passeport vaccinal au lieu de ces mesures plus strictes est un impératif politique évident. Le Gouvernement canadien a d'ailleurs récemment annoncé qu'il supprimerait les exigences de quarantaine pour les Canadiens vaccinés qui rentrent au pays.

Des questions plus délicates se posent quant à la possibilité d'exiger une preuve de vaccination dans le cadre d'un emploi ou, par exemple, pour réintégrer une école ou une université. Les lois actuelles relatives à la Charte des droits et les droits de la personne protègent les gens qui ne peuvent pas être vaccinées en raison d'un handicap ou de leur âge, mais elles ne protégeront probablement pas les personnes qui s'opposent tout simplement à l'obligation de présenter une preuve de vaccination.


Une dose, deux doses et des vaccins de rappel?

Ce point fait consensus : si le vaccin nécessite deux doses, alors deux doses sont essentielles pour assurer une réponse immunitaire optimale. Mais pour combien de temps?

La science ne connaît pas encore avec certitude la durée de couverture des vaccins contre la COVID-19. Selon l’information disponible concernant les coronavirus bénins qui causent les rhumes saisonniers, l’immunité grâce aux anticorps devrait être entre 12 et 18 mois. En analysant le déclin des anticorps chez les personnes qui ont contracté le virus au début de la pandémie, on prévoit à peu près la même durée.

Le professeur Langlois précise toutefois que le système immunitaire n’est pas comme un interrupteur qu’on allume et qu’on éteint. Si notre organisme conserve une certaine immunité sur une longue période, celle-ci tend toutefois à diminuer avec le temps et pourrait ne pas protéger aussi efficacement contre de nouveaux variants. Le vaccin de rappel permet donc de renouveler notre protection et d’être adapté pour faire obstacle aux nouveaux variants qui entrent en circulation. Selon les analyses préliminaires, on peut donc s’attendre à recevoir un vaccin annuellement, comme c’est le cas pour la grippe, si le virus continue de muter.
 



Vous vous interrogez encore sur certains points? Assurez-vous de nous envoyer vos questions ou encore, visitez le site Info-Coronavirus de l'Université d'Ottawa.

Vous pouvez aussi consulter le site web du Gouvernement de l'Ontario, ainsi que le site web du Gouvernement du Québec pour obtenir plus de détails au sujet de la vaccination.

 

Haut de page