Un programme de sensibilisation permet à des étudiants d’aider les réfugiés syriens

Publié le jeudi 16 juin 2016

Un groupe composé d’hommes, de femmes et de jeunes pose pour la photo, avec pour toile de fond un écran illuminé avec les mots « Difference Makers » (Faites une différence).

Le programme Faites une différence a pour but de favoriser des initiatives sociales menées par des étudiants, comme celle d’aide aux réfugiés syriens, illustrée ici. À l’arrière : Stephen Daze de l’École de gestion Telfer et Hanan Anis de la Faculté de génie. Au centre : Justin Holness Justin Holness (Un1ty Entertainment), Katey Black, Malaika Njau, Colleen Westeinde (Programme d’appui au parrainage de réfugiés). À l’avant : Midia Shikh Hassan en compagnie des réfugiés Anas and Mahdi. Photo : Dave Weatherall

Par Brandon Gillet

Leurs intentions étaient modestes au début. Mais les étudiants en génie qui ont créé un programme d’accueil pour les réfugiés syriens d’Ottawa constatent maintenant que leur projet a pris de l’envergure et commence à faire vraiment la différence.

Hanan Anis, professeure de génie à l’Université d’Ottawa, raconte que cette activité de solidarité a trouvé son point de départ dans le cadre du programme Faites une différence, lequel propose aux étudiants de former des équipes afin de concrétiser une idée d’innovation sociale. S’inspirant d’une initiative née à l’Université du Massachusetts à Lowell, la Faculté de génie et l’École de gestion Telfer ont collaboré pour mettre en place ce programme dans le but d’encourager les étudiants à faire la différence dans leur communauté, tout en leur permettant de développer leurs aptitudes créatives en résolution de problèmes et en entrepreneuriat.

C’est ainsi que l’une de ces équipes a proposé une journée de l’amitié pour aider les réfugiés syriens à s’intégrer au Canada, explique la professeure. Mais ce qu’on croyait n’être au début qu’une manière amusante et sympathique de rencontrer quelques-uns de ces nouveaux arrivants s’est vite transformé en un projet de plus grande portée.

« Trois cents réfugiés se sont présentés à la petite cafétéria de l’EITI », rapporte Mme Hanis. « Les étudiants étaient abasourdis! »

Des enfants syriens assis à une table devant des ordinateurs portables sourient à la caméra.

Dans une salle communale du complexe résidentiel de la rue Donald, un groupe d’enfants syriens apprennent au sujet des impressions en 3D.

Mais, poursuit-elle, malgré la présence de nombreux interprètes lors de cette activité inaugurale, la barrière linguistique s’est avérée un obstacle à la qualité de l’accueil escompté. Les étudiants ont compris que les réfugiés sont confrontés à de nombreux défis, notamment l’impératif d’apprendre l’anglais et le besoin d’adapter leurs compétences au marché du travail canadien.

« Nous avons aussi appris qu’il y a 85 familles vivant dans le même complexe résidentiel sur la rue Donald », révèle la professeure. « Alors, on s’est dit : pourquoi ne pas prendre le MakerMobile avec nous? » Le MakerMobile est une extension « portable » de l’Atelier Makerspace Richard L’Abbé et permet à des étudiants bénévoles de prendre la route pour faire connaître toutes sortes de technologies, y compris des imprimantes 3D, dans le cadre de programmes de sensibilisation en génie.

Le groupe a commencé à organiser des activités hebdomadaires dans le complexe résidentiel de la rue Donald. Les étudiants en génie cherchaient d’abord à montrer aux enfants réfugiés comment utiliser une imprimante 3D, mais ils n’ont pas tardé à offrir leur aide aux adultes dans toutes sortes de choses.

Acquérir de l’assurance

Avec le temps, de plus en plus d’étudiants bénévoles ont commencé à participer à ces rencontres pour partager leurs connaissances dans leur domaine respectif.

« Par exemple, certains animent des ateliers sur l’impression en 3D à l’intention des jeunes, tandis que d’autres donnent des cours d’anglais aux adultes », indique Midia Shikh Hassan, coordonnatrice étudiante du programme Faites une différence. « Nos efforts consistent aussi à aider les réfugiés à trouver de l’emploi en fonction de leurs compétences, afin qu’il puisse gagner leur vie et s’intégrer à leur nouvelle société. »

Les bénévoles font appel à des étudiants qui parlent l’arabe pour les aider à communiquer avec les réfugiés, mais à mesure que ces derniers apprennent à maîtriser l’anglais, ce service devient de moins en moins nécessaire.

Les étudiants ont également créé Work4Refugees, un site Web destiné à jumeler les réfugiés avec des possibilités d’emploi, et deux ou trois d’entre eux aident même de nouveaux arrivants à établir leur propre entreprise. « Cette initiative, qui ne compte sur aucun financement, se poursuivra pendant l’été », ajoute Mme Anis.

Selon la professeure, la Faculté de génie envisage d’intégrer formellement ces activités hebdomadaires à leur programme de sensibilisation et de chercher le financement nécessaire. Mais avant cela, il faudra évaluer le programme pilote, souligne-t-elle.

Parmi les nouveaux arrivants, nombreux sont ceux qui cherchent un emploi, tandis que d’autres font du bénévolat à leur tour.

« Les réfugiés syriens m’ont exprimé leur désir de rendre au Canada la générosité avec laquelle ils ont été accueillis », affirme Midia Shikh Hassan.

Un vaste groupe de réfugiés syriens, comprenant de nombreux enfants, pose devant la caméra.

De nombreuses familles de réfugiés ont participé en avril à l’activité d’accueil dans le complexe résidentiel de la rue Donald où elles habitent, suscitant de l’enthousiasme à l’idée d’en organiser d’autres.

 

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