Soutenir l’élan international de l’Université d’Ottawa

Publié le jeudi 24 janvier 2019

Adel El Zaim parle à un lutrin.

Adel El Zaïm lors du lancement du programme d’attestation uOGlobal en septembre 2018. Photo : Bonnie Findley

Par Kelly Haggart

Adel El Zaïm est arrivé à l’Université d’Ottawa en août 2018 comme dirigeant principal de l’internationalisation. En janvier 2019, il a été élu président de l’Association of International Education Administrators (AIEA), devenant le premier non-Américain à la tête de cette organisation qui compte des membres dans 120 pays et dont le siège est aux États-Unis. Nous avons récemment discuté avec M. El Zaïm de la stratégie d’internationalisation de l’Université.


Parlez-nous de votre expérience.

Mon expérience personnelle d’étudiant et chercheur étranger enrichissent ma vie professionnelle. Né à Tripoli, Liban, j’ai étudié à Paris et je suis arrivé au Canada comme chercheur postdoctoral en 1991. Avec un doctorat en linguistique, j’ai dirigé des équipes de recherche et d’innovation en applications des technologies de l’information dans des centres de recherche multidisciplinaires, dans le secteur privé et des ONG internationales. J’ai travaillé pendant huit ans au Moyen-Orient pour le Centre de recherches pour le développement international (CRDI). Le CRDI a une culture proche de la culture universitaire. Je n’ai donc jamais vraiment quitté le milieu universitaire. De retour au Canada, début 2012, j’ai été directeur général de l’internationalisation à l’Université de Sherbrooke puis du bureau international de l’Université de la Colombie-Britannique.


Que signifie l’internationalisation dans le contexte universitaire?

L’université qui s’internationalise intègre une dimension interculturelle et mondiale à sa mission, à ses objectifs et à ses actions. L’Université d’Ottawa souhaite donner plus de cohésion à ses actions internationales en énonçant clairement l’objectif ultime de son internationalisation. Même si les échanges étudiants ne sont qu’un volet du processus, nous voudrions tout de même clarifier la valeur ajoutée de cette mobilité étudiante. Qu’est-ce que nos étudiantes et étudiants vont apprendre à l’étranger en plus de ce qu’ils apprendront ici? En quoi ceux et celles que nous recrutons à l’étranger contribuent-ils à la recherche qui se fait au Canada et quelle sera leur contribution, au retour, à la recherche qui se fait dans leur pays?


Étudiants inscrits au programme d’attestation uOGlobal participant à l’atelier de septembre 2018. Photo : Bonnie Findley

Pourquoi l’Université d’Ottawa devrait-elle s’internationaliser?

 
Notre société est déjà mondialisée et très sensible à tout ce qui se passe dans le monde. Nos écoles accueillent des élèves de toutes les origines, qui parlent sans doute deux ou trois langues. Le rôle de notre université est de comprendre cette société mondiale et d’apporter sa pierre à l’édifice, c’est-à-dire, accomplir son mandat en faisant progresser la connaissance, en trouvant des solutions et en formant les futurs citoyens du monde. 
 
Nous voulons ouvrir davantage l’Université d’Ottawa au monde pour valoriser sa fonction essentielle. En internationalisant nos travaux de recherche, notre enseignement, notre apprentissage et notre interaction avec la communauté, nous contribuerons utilement à notre société.  Par exemple, en quoi nos recherches sur la santé mondiale, sur la migration, sur la cybersécurité ou sur l’application de l’intelligence artificielle aident-elles le Canada et le reste du monde à résoudre les grands problèmes qui menacent l’humanité? C’est précisément ce que j’aime du modèle Canadien : en plus d’apporter des solutions concrètes, nous réfléchissons aux questions de fond. Notre stratégie internationale identifiera quelques dossiers prioritaires à l’échelle mondiale et essayera de les faire avancer.

Où en est cette nouvelle stratégie internationale?

 
Je travaille avec la haute direction de l’Université à élaborer une stratégie d’internationalisation « intégrale et raisonnée » qui énoncera clairement les fins recherchées, le « pourquoi ». Elle sera exhaustive, car elle englobera l’internationalisation de la recherche, l’ensemble de nos activités et programmes d’enseignement, nos interactions avec la société, et avec notre milieu de vie à l’Université. Cette démarche globale sera donc systémique et implantée de façon systématique. Les membres du corps professoral et du personnel de soutien ainsi que tous nos services  peuvent contribuer grandement à l’internationalisation de la vie sur les campus. Des consultations sont en cours et le résultat ira de pair avec la stratégie institutionnelle Imagine 2030.

Infographie où l’on peut lire le texte « Ouvert sur le monde? Officialise ton parcours et distinguee-toi! »

Quelle sera l’incidence sur la clientèle étudiante de cette internationalisation accrue que vous envisagez?

 
J’aimerais beaucoup que toutes les étudiantes et tous les étudiants de l’Université d’Ottawa acquièrent une expérience internationale. Je sais que tous n’iront pas à l’étranger. De fait, uOGlobal est un bon moyen de procurer cette expérience même à ceux qui restent au Canada. Ottawa représente un milieu enviable grâce à la proximité du Parlement, des ambassades, d’organisations et d’entreprises internationales et de diverses communautés. Cela nous donne de multiples occasions d’interagir avec d’autres cultures. Ce sont autant d’opportunité de préparer nos étudiants à vivre ailleurs dès maintenant ou leur donner le goût de le faire, plus tard.
 
Notre tâche auprès de ceux et celles qui vont à l’étranger pendant leurs études chez nous consiste à les doter de ce qu’il faut pour voyager en toute sécurité, mais aussi pour comprendre et respecter les autres cultures et pour s’y ouvrir. Pour ce qui est des étudiants étrangers, il ne s’agit pas de tout adapter au point qu’ils vivent ici exactement comme ils vivraient dans leur pays. Les étudiants et chercheurs étrangers viennent au Canada pour vivre une expérience canadienne. À Ottawa, ils trouveront en prime la possibilité de jeter des ponts avec le monde entier. Dans cette ville internationale, en effet, des étudiants chinois peuvent manger des shawarmas s’ils en ont envie.

À quoi faut-il s’attendre de votre mandat à la présidence de l’AIEA?

 
Mes responsabilités varieront d’année en année, pendant les trois ans de mon mandat avec cette association de plus de 1 000 cadres au service de l’internationalisation. En 2020, j’aurai la responsabilité du congrès annuel à Washington DC. Je participerai aussi à plusieurs groupes de travail dont un sur la gouvernance. L’AIEA renouvelle cette année sa stratégie mondiale pour mieux appuyer les dirigeants de l’enseignement supérieur qui font face aux changements dans le monde. 
 
Nombre d’universités promeuvent une science ouverte dans une société ouverte, alors même que les gouvernements de leurs pays – ce n’est toutefois pas le cas au Canada – se ferment de plus en plus et versent dans le populisme et la xénophobie. Dans quelle mesure cette réaction hostile à la mondialisation nuit-elle à notre travail et à la mobilité de nos étudiants et de nos professeurs? Je compte mettre au service de notre université les connaissances que je vais acquérir en travaillant de concert avec l’AIEA. Parce qu’une chose est sûre : l’Université d’Ottawa ne se ferme pas au monde. D’ailleurs, nous accueillerons en 2020 le colloque mondial sur l’internationalisation de la recherche qui attirera ici-même plus de 200 dirigeants de l’internationalisation.
Adel El Zaïm debout derrière un lutrin, sous une bannière de l’AIEA.

Adel El Zaïm prend la parole lors de la conférence annuelle de l'AIEA à San Francisco le 23 janvier 2019. Photo : Régine Legault-Bouchard

 

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