De la vodka aux produits désinfectants, en passant par un labo de l’Université d’Ottawa

Publié le mercredi 8 avril 2020

portrait d'Omid Mcdonald alors qu'il se tient au bar de la Dairy Distillery

« Des tas de gens ont communiqué avec nous pour nous demander de produire du désinfectant. Nous avons même reçu des demandes des États-Unis », raconte Omid McDonald, propriétaire de l’entreprise Dairy Distillery située à Almonte, à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest d’Ottawa.

Ce diplômé de la Faculté de génie, dont l’entreprise fabrique la vodka de marque Vodkow depuis l’automne 2018, a rapidement acquiescé à la demande. Il a transformé toutes ses réserves d’alcool, fabriquées à partir des résidus de lait, en produits désinfectants.

« Nous produisons déjà de l’alcool. Il était donc plutôt simple pour nous de modifier la production. Au tout début de la crise, je croyais que les plus grosses compagnies augmenteraient leur production afin de répondre à la demande. »

Omid McDonald a plutôt été inondé d’appels : le Service paramédic d’Ottawa, les Bergers de l’espoir et l’Hôpital d’Ottawa figurent parmi les organisations qui l’ont approché en premier pour lui demander s’il pouvait leur fournir des produits pour désinfecter les surfaces et les mains.

« Il n’y a qu’une seule réponse possible à ce genre de demandes, et c’est « oui ». »

Pendant la crise actuelle de la COVID-19, la distillerie artisanale offre gratuitement une portion de sa production aux organisations sans but lucratif. Celles qui sont intéressées n’ont qu’à remplir un formulaire pour obtenir du désinfectant (en anglais seulement). Tout le reste est vendu, notamment à l’Hôpital d’Ottawa.

« C’est vraiment intéressant de voir comment toutes ces distilleries artisanales, qui sont de petites entreprises, sont rapidement capables de faire beaucoup pour aider. » »

L’Université d’Ottawa, fière partenaire

Le professeur Alexandre Poulain examine un échantillon de levure jaune en tube à essai pour en vérifier la clarté avec Jessica Gaudet

Le professeur Alexandre Poulain en compagnie de Jessica Gaudet, étudiante en biologie.

Jessica a été engagée en 2017 comme stagiaire en laboratoire. Son mandat consistait à optimiser les conditions de fermentation nécessaires à la production de spiritueux de haute qualité. Son travail a été crucial dans le développement de la Vodkow.
 



L’usine d’Almonte fonctionne à plein régime, 24 heures sur 24, afin de fabriquer les désinfectants, et l’Université joue un rôle clé dans la chaine de production.

trois bouteilles du désinfectant de surface créé par Dairy Distillary

« La levure que nous utilisons pour produire l'alcool destiné à la fabrication des désinfectants nous est fournie par le laboratoire du professeur Alexander Poulain, au département de biologie. Le campus est fermé, mais il a reçu de l’Université la permission de garder le laboratoire ouvert »

Le laboratoire du professeur Poulain entretient un lien bien spécial avec la Dairy Distillery et ce, depuis les tout débuts de l’entreprise. Le labo réalise des recherches afin d’optimiser la fermentation et valoriser le perméat de lait, une substance qui est délaissée en grande quantité par les fabricants de produits laitiers. Il continue à fournir chaque semaine des levures à la distillerie.

« Dans les conditions de confinement actuelles, notre implication est modeste mais essentielle. Nous nous assurons que la distillerie utilise, pour chaque lot, des levures de qualité et génétiquement identiques », poursuit le professeur Poulain.

« Nous travaillons entre cinq et six heures par semaine pour assurer la livraison des cultures, et nous nous relayons pour aider à la production et livrer les levures à temps. »

Dairy Distillery compte aussi vendre ses désinfectants au grand public. « Pour chaque produit que nous vendrons, nous en donnerons un à un groupe de travailleurs de première ligne », explique M. McDonald.

« Nous nous trouvons tout de même dans une situation douce-amère. Nous voulons aider et essayons tous de faire notre possible. Mais j’espère que nous pourrons bientôt retourner à la production de vodka », conclut l’entrepreneur.

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