Chris Bisson : un entrepreneur de l’évasion

Publié le mardi 13 juin 2017

Par Brandon Gillet

La Gazette s’est entretenue avec Chris Bisson, fondateur d’Escape Manor, une salle de jeux d’évasion. Issu de l’École de gestion Telfer, M. Bisson figure parmi les 12 diplômés de l’Université d’Ottawa nommés par la Chambre du commerce d’Ottawa et l’Ottawa Business Journal au palmarès Forty Under 40 en 2017.

Comment avez-vous eu l’idée de créer Escape Manor?

Depuis presque 20 ans, mon cofondateur, Billy Rogers, et moi avons rêvé de monter toutes sortes d’entreprises. Nous avons fait quelques tentatives infructueuses en cours de route. Puis, en 2014, un ami nous a raconté que sa sœur, qui avait passé des vacances en Thaïlande, s’était particulièrement amusée lors d’un jeu d’évasion à Bangkok. Billy et moi avons fait des recherches et nous avons entrevu la possibilité d’une bonne affaire.

Nous nous sommes donc associés à deux autres personnes, Steve Wilson et Neil Schwartz. Chacun de nous quatre travaillait déjà à temps plein – dans mon cas, j’occupais un poste chez Ottawa Sports and Entertainment Group. Nous pensions que notre projet avait un énorme potentiel, mais nous avons quand même décidé de garder nos emplois en attendant. Cependant, au bout d’un mois ou deux, Billy et moi avons lâché les nôtres pour nous investir à plein temps dans l’entreprise. Steve et Neil n’ont pas tardé à faire pareil. Certes, nos échecs précédents nous tenaillaient encore, mais nous en avions tiré des leçons qui nous ont bien servi dans notre nouvelle aventure. C’est pourquoi je conseille à tous ceux qui veulent se lancer dans l’entrepreneuriat de garder un registre de leurs ratés et de ce qu’ils en ont appris!

Vous possédez donc un parcours en entrepreneuriat?

J’ai fait des études en administration d’affaires à Telfer et je songeais à l’entrepreneuriat au fond de moi. Cette période à l’Université d’Ottawa m’a beaucoup apporté. J’ai eu aussi la chance d’avoir un mentor fantastique, Peter Koppel. J’étais son assistant d’enseignement. Il est aujourd’hui décédé, mais ses conseils et sa bienveillance ont été déterminants dans ma réussite. Quand j’ai eu des occasions de voyager et de travailler, je lui ai demandé son avis quant à interrompre mes études temporairement. Il m’a répondu qu’on a beau avoir d’excellentes notes, si on n’a pas acquis un savoir-faire dans le monde réel et si on n’a pas vraiment cerné ce qui nous motive, alors les études ne représentent que la moitié du combat. Il faut se lancer dans le monde, apprendre à se connaître soi-même et savoir ce qu’on veut dans la vie.

À quoi attribuez-vous le succès d’Escape Manor?

À mes trois associés, avant tout. Nous avons chacun des compétences différentes, mais ensemble, nous formons une équipe parfaitement équilibrée. Nous avons également une vision commune, celle de procurer une expérience sans pareille à nos clients, du début jusqu’à la fin. Trois d’entre nous avons travaillé sur des paquebots de croisière, trois pour des hôtels de la chaîne Fairmont et un pour Disney. Notre expérience combinée nous permet donc de comprendre ce que le public attend en matière d’accueil et de diversion. Nous ne vendons pas des produits ni des services – nous créons des expériences dont les gens se souviendront longtemps.

Que pensez-vous du fait d’avoir été nommé au palmarès des 40 entrepreneurs de moins de 40 ans?

Cette distinction appartient à une équipe. C’est peut-être mon nom qui y figure, mais notre entreprise compte une cinquantaine de personnes qui travaillent fort en coulisse et sans lesquelles la compagnie n’existerait pas. Cette reconnaissance souligne tous nos efforts et elle nous permettra de tirer pleinement profit de ce que nous avons accompli, pour créer des opportunités futures.

Quels sont vos projets pour votre entreprise?

Nous sommes plutôt ambitieux à Escape Manor et nous envisageons d’élargir notre entreprise au cours des deux prochaines années. Nous avons huit emplacements pour l’instant, presque la moitié de notre objectif pour 2020, qui est de 20.


Des rires et des frissons à la prison de Cornwall

Brandon Gillet et son équipe ont été invités à participer au défi de la prison de Cornwall à Escape Manor.

En mai, quinze jours après l’ouverture d’Escape Manor, j’ai participé au défi « Évasion de la prison de Cornwall ». Lorsque mon groupe est arrivé, nous en avons croisé un autre qui quittait l’ancien pénitencier entre rires et acclamations. Nous nous sommes dit qu’on allait bien s’amuser.

Pour commencer, on nous a placés dans une cellule de détention et on nous a demandé de choisir un nom pour notre équipe. Vu le motif de ma participation, nous voulions rendre hommage au personnage de Will Ferrell dans Présentateur vedette, mais nous n’arrivions pas à nous décider entre Équipe Burgundy et Équipe Channel 4 News. Ensuite, un huissier à l’aspect farfelu, et qui n’arrêtait pas de jacasser, nous a conduits à l’audience de détermination de notre « peine ». Comme le juge nous avait reconnus coupables de trahison, nous avons été rapidement condamnés à la pendaison.

Le jeu nous a menés d’une section à l’autre au sein de cette prison qui a fonctionné de 1833 à 2002 et qui a la réputation d’être hantée. Nous avons dû faire appel à toute notre logique et toute notre ruse pour résoudre une série d’indices et tenter de recouvrer la liberté avec des papiers d’acquittement en main.

Malheureusement, mon groupe a été « pendu » à la fin de la soirée, mais nous nous sommes entièrement immergés dans l’expérience et nous nous sommes amusés comme des fous.

Article connexe : Douze diplômés nommés au palmarès Forty Under 40 


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