Encourager les femmes autochtones à choisir les sciences

Publié le mercredi 16 mai 2018

Étudiants devant des éprouvettes dans un laboratoire de biochimie.

(De gauche à droite) Zach Comeau avec Grace Salomonie, Kelsee Arthurson et Tyra Moses en train de tester la polarité de différents composés, dont du jus de fruit, du coca-cola et du Red Bull, première étape pour en apprendre davantage sur la biochimie au Laboratoire de médecine moléculaire.

Par Mike Foster

Un groupe d’élèves autochtones de 11e année était présent sur le campus pour étudier la possibilité de faire une carrière universitaire impliquant le maniement de lasers, la conception de médicaments ou la recherche en science de l’environnement.

Cinq professeurs de l’Université d’Ottawa, avec leurs équipes de recherche, ont pris sous leur aile ces jeunes – toutes des filles – par petits groupes de deux ou trois, dans le cadre du Programme d’éducation en science et en génie Verna J. Kirkness, qui vise à accroître le nombre de diplômés d’origine autochtone en sciences et en génie au Canada.

La Chaire CRSNG pour les femmes en sciences et en génie pour l'Ontario, dont la titulaire est Catherine Mavriplis de l’Université d’Ottawa, commandite également ces visites de laboratoire.

Les jeunes visiteuses viennent par exemple de la Nation des Cris de Norway House, au Manitoba; de Wemindji, lylyuu Istchee, sur la rive orientale de la baie James dans le nord du Québec; de la région d’Ottawa; de Rama, Barrie et Waswanipi.

« Elles feront toutes sortes d’activités, qu’il s’agisse de compter des abeilles dans le parc de la Gatineau, de mesurer des piles solaires ou d’en apprendre davantage sur l’énergie renouvelable », explique Catherine Mavriplis. « Sur une note plus légère, elles passeront par l’atelier Makerspace, où elles apprendront, en compagnie de l’artiste autochtone Kelly Marsolais, à utiliser la technologie pour fabriquer des bijoux. En collaboration avec le Centre de ressources autochtones, nous voulons leur donner un aperçu de ce à quoi peuvent ressembler les études en sciences et en génie sur un campus universitaire. Nous espérons ainsi leur donner envie d’entreprendre des études postsecondaires. Par la même occasion, nous apprenons à découvrir leur communauté et leur culture. »

Manipuler des molécules pour diagnostiquer des maladies

Grace Salomonie, élève inuite du Nunavut, déplore que les jeunes autochtones reçoivent rarement une éducation postsecondaire.« Étudier les sciences est important pour moi et ma famille, parce que peu d’autochtones s’inscrivent à ce genre de programme. »

Grace a choisi, avec Tyra Moses et Kelsee Arthurson, de la Nation des Cris de Norway House, d’apprendre comment manipuler des molécules pour diagnostiquer des maladies et d’explorer la biochimie, sous la supervision d’Adam J. Shuhendler, professeur du Département de chimie et sciences biomoléculaires. Aidées par Zach Comeau, étudiant à la maîtrise en génie chimique, elles ont testé différents composés avec du papier tournesol dans le cadre de travaux visant à découvrir des biomarqueurs de la commotion cérébrale.

« Je suis très tentée par l’étude de la biologie », dit Grace. « Je ne réalisais pas à quel point la chimie m’intéressait avant de participer à ce programme. »

C’est la première fois que l’Université d’Ottawa reçoit des élèves autochtones dans le cadre de ce programme, créé en 2009 par Verna J. Kirkness, membre de la Nation des Cris de Fisher River.

« Comme notre peuple vise l’autosuffisance, il est important que l’expertise dans ces domaines soit disponible au sein de la communauté elle-même », dit-elle. « Les aînés participent au programme en inculquant les fondements culturels de la science, afin d’aider les jeunes à comprendre l’importance que celle-ci a toujours eue pour notre peuple. »

Vous pouvez appuyer les futures cohortes d’étudiantes dans ce programme et les autres initiatives qui encouragent les femmes à poursuivre une carrière en sciences et en génie, en faisant une contribution.

Étudiantes dans le laboratoire SUNLAB, entourées d’équipement scientifique.

Sandra Hart et Jesse Paypompee prennent une courte pause au SUNLAB, où elles sont en train d’en apprendre davantage sur l’efficacité quantique en compagnie de Mandy Lewis, étudiante à la maîtrise en génie électrique et informatique.

Groupe de 10 élèves autochtones du niveau secondaire.

(À l’arrière, de gauche à droite) Sandra Hart, Lauren Roote, Kelsee Arthurson, Kendra Simpson, Kiana Meekis et Jesse Paypompee. (À l’avant) Kiana Tait, Grace Salomanie, Gillian Blackned et Tyra Moses.

Voici ce que quatre des professeurs choisis ont exploré avec leur groupe :

Vingt professeurs de l’Université d’Ottawa se sont offerts pour participer au programme. Les élèves ont-elles-mêmes choisi ce qui les intéressait le plus.

Exploiter l’énergie du soleil

Jesse Paypompee, originaire de North West Angle 37, en Ontario, et Sandra Hart, de la Nation des Cris de Norway House, ont appris comment intégrer des panneaux solaires à un réseau électrique intelligent et comment les utiliser pour produire de l’énergie renouvelable. Sous le mentorat de Karin Hinzer, professeure au Département de science informatique et de génie électrique, et Mandy Lewis, étudiante à la maîtrise en génie électrique et informatique, elles ont passé du temps au SUNLAB du Complexe de recherche avancée.

« Je m’intéresse beaucoup aux moyens d’économiser l’énergie. Un jour, je veux construire ma propre maison en utilisant des choses qui m’aideront à ne pas gaspiller l’énergie », dit Jesse. « Je trouve ça très cool. »

Comprendre la science de la lumière

Gillian Blackned, une Crie de Wemindji, lylyuu Istchee, sur la rive orientale de la baie James, dans le nord du Québec, et Kendra Simpson, de la Nation des Cris de Norway House, ont passé la semaine à travailler avec des lasers, sous la direction du professeur de physique Jeff Lundeen et de son équipe du Lundeen Lab, au Complexe de recherche avancée. Elles ont mis la main à la pâte pour découvrir de façon concrète comment on peut faire passer des signaux lumineux par des fibres de l’épaisseur d’un cheveu. Elles ont appris comment les pulsations lumineuses transportent de l’information sur Internet et comment la physique quantique peut servir à mettre ces signaux à l’abri du piratage et à protéger les renseignements personnels

Étudier la vie des abeilles

Amber Paupanekis, Emily Taylor et Victoria McMahon ont travaillé avec Jessica Forrest, professeure au Département de biologie. Dans le parc de la Gatineau, elles ont recueillies des données de terrain sur les rapports entre le moment de la floraison et l’activité des abeilles. Elles ont étiqueté et identifié des spécimens d’insectes. Elles ont visité des fermes pour observer les abeilles et étudier les facteurs qui limitent leur population.

Fabriquer de nouveaux médicaments

Avec Jeffrey Keillor, professeur au Département de chimie et sciences biomoléculaires et directeur du Keillor Research Group, Kiana Meekis, Lauren Roote et Kiana Tait ont exploré les premières étapes de la découverte d’un nouveau médicament et ont appris comment les spécialistes de chimie thérapeutique synthétisent et évaluent des molécules en vue de leur utilisation en médecine.

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