Miser sur l’esprit entrepreneurial

Publié le mercredi 18 novembre 2015

Group of students working together

Par Johanne Adam

La Semaine mondiale de l’entrepreneuriat est le moment de l’année où des gens de partout dans le monde sont invités à faire preuve d’esprit d’initiative et d’innovation et d’en faire la démonstration lors d’activités de toutes sortes.

Cette année, l’événement se déroule du 16 au 22 novembre et à l’Université d’Ottawa, l’objectif consiste à inspirer les étudiants en leur faisant découvrir des facettes moins connues de l’entrepreneuriat.

« Pour la plupart des gens, le monde de l’entrepreneuriat est un univers complexe qui implique de longues études de marché et le démarrage d’une entreprise. Malheureusement, cette perception des choses semble décourager de nombreux étudiants. C’est la raison pour laquelle l’Université cherche plutôt à mettre l’accent sur l’esprit entrepreneurial, c’est à dire une façon de penser et d’agir qui a pour but de trouver des solutions à divers problèmes », explique Luc Lalande, directeur exécutif du Carrefour de l’entrepreneuriat à l’Université d’Ottawa.

Ainsi, face à un problème social par exemple, un individu à l’esprit entrepreneurial trouvera des ressources et fera appel à ses contacts dans le but de corriger la situation.  Cette façon d’entreprendre s’appelle « l’entrepreneuriat social ».

Kristina Djukic, une étudiante en génie mécanique et en technologie de l’informatique, est elle-même devenue une entrepreneure sociale lorsqu’elle a choisi d’utiliser des imprimantes 3D pour stimuler des groupes de jeunes issus de milieux défavorisés. Grâce au Young Makers Guild qu’elle a aidé à mettre sur pied, elle apprend à ces jeunes à utiliser ces appareils, en espérant qu’ils puissent éventuellement en tirer profit.

« Cet outil fait appel à leur créativité et leur permet de fabriquer des objets de leur cru. Cela a pour effet de renforcer leur estime de soi », poursuit M. Lalande.

Des campagnes de financement sont en outre organisées dans le but d’acheter des imprimantes 3D additionnelles pour les centres communautaires fréquentés par ces jeunes.

L’internet des objets

Un groupe d’étudiants de l’Université tente pour sa part de développer un système qui pourrait ultimement faciliter le travail des agriculteurs. Grâce à des capteurs placés à même la terre, le fermier peut accéder à des informations au sujet de la qualité du sol (humidité, acidité, présence de contaminants) à partir de sa tablette, ce qui lui évite d’avoir à prélever et à analyser des échantillons.

Les nouvelles technologies sont aussi de plus en plus présentes dans le domaine du spectacle. Le Cirque du Soleil a d’ailleurs créé un moment magique grâce aux drones utilisés dans le court métrage intitulé Sparked, diffusé sur YouTube. Dans ce clip, des abat-jours s’illuminent et se mettent à voler au-dessus de la tête d’un personnage. Bien entendu, sous chaque abat-jour se cachait l’un de ces fameux drones.

S’inspirant de cette expérience, le STEAMakers Guild de l’Université cherche désormais à incorporer diverses technologies dans le milieu du spectacle, notamment en plaçant des capteurs dans les décors de théâtre.

« C’est une occasion rare de voir des étudiants en génie travailler côte à côte avec des étudiants en théâtre », souligne M. Lalande.

Ces projets sont tous issus de uOttawa Proto-Ventures, un modèle d’incubateur d’entreprise qui favorise l’apprentissage par l’action. Cette formule permet à des groupes d’étudiants  de vivre des expériences entrepreneuriales basées sur la créativité, tout en saisissant des occasions d’affaires potentielles. Tout cela, sans même avoir à démarrer une entreprise… du moins à court terme.

Afin de développer davantage la culture entrepreneuriale au sein de la communauté universitaire, l’Université a mis sur pied une série d’événements présentés à l’occasion de la Semaine mondiale de l’entrepreneurship (anglais seulement). Les étudiants sont invités à y participer en grand nombre afin de rencontrer des gens inspirants. Qui sait ? Certains découvriront peut-être qu’ils ont eux-mêmes la fibre entrepreneuriale?

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