Relancer une carrière interrompue

Publié le mardi 19 juillet 2016

Three women and a man in front of glass doors in the entrance to the SITE building.

De gauche à droite : Sawsan Abdul-MajidFedaa KhirallahRemon Ghassa et Farzat Kachora. Pharmacienne à Damas, en Syrie, cette dernière se préparait au doctorat lorsque la guerre civile a éclaté. En mai 2012, une explosion devant la pharmacie où elle travaillait l’a privée d'emploi et elle s’est enfuie avec sa famille à Amman.

By Mike Foster

Fedaa Khirallah était ingénieure agricole à Homs, en Syrie. Pendant 12 ans, elle a exercé sa profession, avant que les bombardements dans sa ville ne rendent dangereux le simple fait d’aller au travail. Alors, avec son mari, Remon Ghassa, et leurs trois enfants, elle a fui en laissant la plupart de ses effets derrière elle. La famille s’est d’abord mise à l’abri dans son chalet de montagne, puis s’est réfugiée au Liban.

Aujourd’hui, cette ancienne professionnelle gagne sa vie comme vendeuse à temps partiel à la Baie d’Hudson. Et pourtant, depuis qu’elle est arrivée au Canada avec les siens en décembre 2014, en tant que réfugiée parrainée par le secteur privé, Mme Khirallah a tout fait pour relancer sa carrière. Elle travaille en tant qu’assistante horticole bénévole à la Ferme expérimentale centrale à Ottawa et elle a entamé le processus d’équivalence professionnelle auprès de l’Ontario Institute of Agrologists (Institut des agronomes de l’Ontario) et du Service canadien d’évaluation de documents scolaires internationaux (ICAS).

Fedaa Khirallah et Remon Ghassa, qui était oto-rhino-laryngologiste dans son pays, figurent parmi une vingtaine de nouveaux arrivants en provenance de la Syrie, de l’Irak et de la Jordanie, qui bénéficient d’aide dans le cadre d’un projet pilote mené par Sawsan Abdul-Majid (P.Eng.), professeure de génie à l’Université d’Ottawa, avec le soutien du Centre de développement de carrière : Advancing New Canadian Women in Technology ou ANCWT (avancement des nouvelles Canadiennes dans le secteur de la technologie).

Au début, le programme a été créé dans le but d’aider les femmes réfugiées et immigrantes dotées de compétences professionnelles et techniques à acquérir de l’expérience canadienne au sein d’entreprises locales. Toutefois, la professeure Abdul-Majid raconte qu’il s’est avéré difficile de trouver des femmes syriennes possédant à la fois un solide bagage technique (en génie ou dans les sciences) et une bonne maîtrise de l’anglais. Le programme s’est donc élargi pour inclure des hommes et d’autres professions. Aujourd’hui, on compte parmi les participants trois ingénieurs civils, un ingénieur en électricité et une pharmacienne.

Originaire de Basra, en Irak, la professeure Abdul-Majid a fait son doctorat en génie électrique en Bulgarie. Aujourd’hui, elle enseigne la photonique à l’Université d’Ottawa et elle s’emploie en outre à concrétiser son désir d’aider les nouveaux immigrants provenant de la région où elle a grandi.

Le programme, qui se déroule pendant quatre semaines dans l’édifice EITI de la Faculté de génie, vise à procurer des compétences en entrepreneuriat, telles que l’élaboration d’un modèle d’entreprise; des habiletés en matière de recherche d’emploi, de rédaction de CV et d’entrevues; ainsi qu’un aperçu de la vie à Ottawa. Le but consiste à jumeler chaque participant à un stage de trois mois supervisé par un agent de placement de l’ANCWT ou de l’Université. Ceci sera rendu possible grâce aux relations de la professeure Abdul-Majid avec des employeurs et au soutien du CDC. Une autre option permettrait aux apprenants de créer leur propre entreprise. Ce qu’on espère, en fin de compte, c’est que les connaissances et aptitudes de ces nouveaux arrivants ne se perdent pas.

« Ce programme va leur permettre de poursuivre la carrière qui leur tient à cœur, au lieu de travailler comme préposé de station d’essence ou livreur de pizza », affirme Mme Abdul-Majid.

Le programme compte sur Hanan Anis, professeure de génie, qui anime bénévolement des ateliers sur l’entrepreneuriat; Marie Mitsou, conseillère au Centre de développement de carrière, qui donne des cours de rédaction de CV; Julie Lavigne, titulaire d’une maîtrise de l’Université d’Ottawa en counseling éducationnel, qui enseigne les techniques d’entretien d’embauche; et enfin Anita Shrier, coordonnatrice de relations avec les employeurs au CDC.

La professeure Abdul-Majid espère étendre le programme aux nouveaux étudiants internationaux dans un avenir prochain. Des étudiants de l’Université d’Ottawa provenant des Philippines, de la Chine et de l’Inde ont déjà manifesté leur intérêt à y participer.

Selon Mme Khirallah, cette initiative procure une aide inestimable aux personnes comme elle.

« J’ai l’occasion formidable d’obtenir un placement qui me permettra d’acquérir de l’expérience canadienne dans mon domaine », précise-t-elle. Et de conclure : « C’est la première étape pour me réinsérer dans ma profession. Je suis pleine d’optimisme. »

Moody Farag (P.Eng.), gestionnaire des admissions auprès de l’Ordre des ingénieurs de l’Ontario (organisme de réglementation chargé de délivrer les permis dans la province), offrira une séance d’information le 29 juillet.

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