L’approche audacieuse de l’Université pour lutter contre les changements climatiques

Publié le dimanche 24 avril 2016

Photo aérienne du pavillon Tabaret de l'Université d'Ottawa entouré d'arbres feuillus​.

Le Bureau des gouverneurs de l’Université d’Ottawa a approuvé une vaste gamme de mesures en réponse aux changements climatiques.

Par Mike Foster

En tant qu’établissement de recherche de premier plan, investisseur responsable et partenaire communautaire, l’Université d’Ottawa a adopté une approche audacieuse pour lutter contre le réchauffement planétaire et aider le Canada à verdir son économie.

Au terme d’un examen de 18 mois sur la question du désinvestissement, le Bureau des gouverneurs de l’Université d’Ottawa a adopté le rapport Lutter contre le réchauffement planétaire : la réponse de l’Université d’Ottawa, qui décrit comment l’Université continuera d’endosser un rôle de chef de file dans le domaine des changements climatiques. 

« Nos efforts pour réduire l’empreinte carbone de l’ensemble de notre portefeuille de placements d’au moins 30 % d’ici 2030 sont en phase avec l’engagement national du Canada sur le climat », explique Robert Giroux, président du Bureau des gouverneurs. « Cette stratégie réduira davantage les gaz à effet de serre qu’une approche centrée sur le désinvestissement dans l’industrie des combustibles fossiles. La solution aux problèmes climatiques réside dans la diminution des émissions de carbone dans toute l’économie. »

À son assemblée du 25 avril 2016, l’organe directeur de l’Université d’Ottawa a opté pour une approche axée non seulement sur des décisions financières, mais aussi sur des objectifs ambitieux pour réduire l’empreinte carbone de l’établissement. La stratégie stimulera également l’enseignement et la recherche sur l’innovation écologique.

Le Bureau des gouverneurs a demandé au Comité des finances et de la trésorerie de proposer une stratégie pour aider l’Université d’Ottawa à délaisser le secteur des combustibles fossiles pour se tourner plutôt vers des entreprises – canadiennes si possible – œuvrant dans la création et la vente de technologies avant-gardiste, y compris dans le secteur des énergies renouvelables et d’autres solutions technologiques propres. Le Comité présentera annuellement au Bureau des gouverneurs un rapport de progrès.

L’ensemble de mesures exhaustives comprend la création d’un fonds de recherche en innovation propre de trois millions de dollars, ainsi qu’un fonds de dix millions de dollars pour l’investissement dans les technologies propres.

Approche basée sur des données probantes

Le rapport Lutter contre le réchauffement planétaire : la réponse de l’Université d’Ottawa présente le sommaire des travaux menés sur une longue période par le Comité des finances et de la trésorerie pour déterminer si l’Université devrait se désinvestir ou non des combustibles fossiles. Des représentants de la campagne de désinvestissement des combustibles fossiles, uOttawa Sans Fossile, ont pu se prononcer dans le cadre de consultations. Le 21 mars 2016, trois tables rondes se sont aussi déroulées sur le campus afin de fournir à la population universitaire une tribune pour l’expression d’un vaste éventail d’opinions.

L’Université a également mandaté Tessa Hebb, directrice du Centre d’innovation communautaire de l’Université Carleton, pour rédiger un rapport sur les enjeux liés au dessaisissement. La gamme d’options et les recommandations présentées dans le cadre de ce rapport ont été examinées par le CFT. Stewart Elgie, professeur de droit et directeur de l’Institut de l’environnement de l’Université d’Ottawa, a également été sollicité afin de présenter ses recommandations au comité.

« À titre d’établissement d’enseignement supérieur, nous fondons nos décisions sur des données probantes. Les changements climatiques constituent un enjeu social et l’Université d’Ottawa est résolue à s’y attaquer sur plusieurs fronts », souligne Allan Rock, recteur et vice-chancelier de l’Université d’Ottawa. « Nous sommes déterminés à contribuer à l’atteinte d’un objectif commun, en l’occurrence la transition vers une économie à faibles émissions de carbone, mais aussi à préparer la prochaine génération de leaders en matière de développement durable. »

Recherche de solutions novatrices

En tant qu’établissement d’enseignement supérieur, l’Université d’Ottawa jouera un rôle actif dans la recherche de solutions novatrices pour lutter contre les changements climatiques en mettant à profit ses forces, notamment dans les domaines des sciences, du génie et de l’économie. Toutes disciplines confondues, l’Université propose déjà aux étudiants de premier cycle et des cycles supérieurs plus de 150 cours sur le développement durable pour préparer les leaders écoresponsables de demain.

La création, d’ici l’an 2020, du fonds susmentionné de recherche en innovation propre de l’ordre de trois millions de dollars contribuera à soutenir la recherche, l’enseignement et les bourses d’études supérieures. Le fonds sera financé à parts égales par l’Université d’Ottawa et par des dons de contrepartie.

Un forum sera également mis en place sur le campus pour stimuler la discussion et les débats sur la meilleure façon de canaliser l’enseignement et la recherche et de mobiliser le public pour lutter contre les risques liés aux changements climatiques.

Investissement responsable

À titre de signataire des Principes pour l’investissement responsable des Nations unies, l’Université s’est engagée à respecter les normes les plus élevées en matière d’investissement et à intégrer dans ses processus décisionnels les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), de pair avec les facteurs économiques. En adoptant cette approche, l’Université se trouve à respecter les normes largement reconnues comme les plus élevées dans le secteur de l’investissement.

Entre autres initiatives, l’Université d’Ottawa créera le fonds des innovations propres, comptant parmi les plus grands fonds d’investissement durable, et consacrera dix millions de dollars de son fonds de dotation à la création d’un capital de départ aux fins d’investissement dans les technologies propres.

En outre, l’Université maintiendra ses investissements chez les entreprises qui exigent une plus grande transparence et une divulgation accrue des risques liés aux changements climatiques. Les gestionnaires des investissements externes devront aussi faire rapport sur l’intégration des critères ESG aux décisions sur les investissements et sur les activités de mobilisation des actionnaires.

Figure de proue sur le plan environnemental

En novembre 2015, l’Université d’Ottawa a été la première université canadienne, et deuxième au monde, à signer l’Engagement de Montréal sur le carbone. Par cet engagement historique, l’Université s’est engagée à mesurer et à dévoiler annuellement l’empreinte carbone de son portefeuille d’investissement.

« L’Université d’Ottawa s’est taillé une place de leader parmi les grandes universités du Canada et du monde grâce à des mesures concrètes de longue date pour répondre aux risques liés au changement climatique », souligne le rapport. « À notre avis, l’Université peut avoir le plus d’influence sur la progression des solutions climatiques en maintenant sa démarche holistique. »

La réduction de son empreinte carbone et la formation des leaders écoresponsables de demain font partie de cette démarche. Au cours de la dernière décennie, l’Université a réduit ses émissions de gaz à effet de serre de 32 %, en dépit la hausse substantielle de sa population étudiante et de ses infrastructures physiques. Le 20 avril 2016, l’Université a remporté le Prix ministériel d’excellence environnementale en Ontario pour avoir diminué ses émissions de gaz à effet de serre de l’ordre de 33 100 tonnes en améliorant son efficacité énergétique. L’Université a aussi été l’un des premiers campus au Canada à interdire la vente d’eau embouteillée. Elle poursuit désormais un nouvel objectif : obtenir le statut de campus sans déchets d’ici l’an 2020.

Des étudiants sur les marches à l’avant du pavillon Tabaret, au crépuscule.

L’Université a réduit ses émissions de gaz à effet de serre de 32%, en dépit d’une hausse substantielle de sa population étudiante et de ses infrastructures physiques.

 

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