L’Université sans eau embouteillée, c’est payant!

Publié le dimanche 19 avril 2015

Par Brandon Gillet

Il y a sept ans, une étudiante de l’Université d’Ottawa, Jenna Dunsby, posait la question suivante : « Combien coûte l’eau embouteillée par rapport à l’eau du robinet? » Cette simple question a déclenché une campagne visant à créer des zones « sans eau embouteillée » et, en 2010, à l’interdiction de vendre de l’eau en bouteille à l’Université.

Depuis, le Bureau du développement durable (BDD) fait l’effort d’installer de nouvelles fontaines et d’analyser la qualité de l’eau et l’accès à l’eau potable, affirme Jonathan Rausseo, directeur du BDD.

Dans son étude des fontaines à boire, le BDD s’attarde à cinq éléments : la température de l’eau, la propreté de l’eau et de la fontaine, l’accessibilité de la fontaine, la pression d’eau et la présence d’un bec en col de cygne.

L’interdiction de vendre de l’eau embouteillée a commencé peu après la parution d’une étude montrant que l’eau en bouteille rapportait l’une des marges de profit les plus élevées des produits vendus à l’Université. Le projet, qui visait d’abord à inciter les gens à boire aux fontaines, statistiques à l’appui, a pris de l’ampleur lorsque les Services alimentaires et la FEUO ont suggéré de cesser complètement la vente d’eau embouteillée.

« Nous avons estimé à 2 $ le prix d’un litre d’eau embouteillée; c’est le prix que coûtent 1 000 litres d’eau de la fontaine », précise M. Rausseo.

Les avantages étaient clairs en ce qui concerne le coût pour les étudiants et la fraîcheur de l’eau. L’eau d’Ottawa est testée toutes les cinq secondes, et elle est filtrée, nettoyée et refroidie jusqu’au moment où l’on appuie sur le bouton de la fontaine. D’autres départements ont tôt fait d’emboîter le pas.

« Tout le monde s’est tenu par la main et a sauté à l’eau ensemble, plaisante M. Rausseo. Maintenant, il n’y a plus d’eau embouteillée à l’Université. »

Le BDD cherche maintenant des façons de rendre l’utilisation des fontaines plus pratique pour les étudiants. Par exemple, une distributrice contenant plusieurs boissons permettrait de réduire encore plus l’utilisation de bouteilles de plastique à l’Université. Un peu comme les fontaines que l’on trouve dans les établissements de restauration rapide, ces distributrices offriraient de l’eau, des boissons gazeuses ou des jus, dont on pourrait remplir sa bouteille. L’installation de distributrices de gobelets réutilisables est une autre idée dont le BDD a discuté.

« Le coût du gobelet serait semblable à celui d’une bouteille d’eau, explique M. Rausseo, sauf qu’il serait possible de remplir le gobelet toute l’année pour le même prix.»

Comme les étudiants peuvent acheter des boissons embouteillées à l’extérieur du campus, il est difficile d’évaluer avec précision l’impact réel d’une telle initiative sur la réduction des déchets. M. Rausseo croit toutefois que la réduction pourrait être considérable, d’autant plus que les gobelets à café constituent maintenant la principale source de déchets provenant de contenants à boire à l’Université, juste devant les bouteilles de boisson gazeuse. Il estime qu’il s’est vendu entre 250 000 et 400 000 bouteilles de plastique de moins depuis l’entrée en vigueur de l’interdiction.

« S’il est une statistique dont je suis certain, c’est qu’il ne se vend plus d’eau embouteillée à l’Université d’Ottawa, constate-t-il. Et ça, c’est une réduction de 100 %!»

Le BDD continuera à chercher de nouveaux projets visant à accroître le bien-être des étudiants de façon économique. Par ailleurs, son initiative d’élimination de l’eau embouteillée à l’Université établira une norme relative à l’accessibilité des fontaines à chaque étage de chaque pavillon de l’Université.

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