Série Trailblazers et uOttawa: Nathan Hall (B.Sc.Soc. 2007), figure de l’antiracisme et de l’inclusion au travail

Publié le mercredi 16 février 2022

Lorsque Tiyahna Ridley-Padmore (B.Sc.Soc.) et Merryl-Royce Ndema-Moussa (B.Sc.) ont publié leur livre pour enfants intituléTrailblazers : The Black Pioneers Who Have Shaped Canada, les diplômés de l'Université d'Ottawa ont mis en lumière quarante récits peu connus de l'histoire des Noirs du Canada. En février, nous avons collaboré avec Tiyahna Ridley-Padmore et Merryl-Royce Ndema-Moussa pour célébrer le Mois de l'histoire des Noirs, et créer de nouveaux portraits et poèmes en hommage à quatre diplomées et diplomés noirs qui ont laissé une marque importante sur l'Université d'Ottawa.

Rencontrez Nathan Hall:

Nathan sait d’où il vient, 

ses racines sont sa force : 

son père est Jamaïcain,  

et sa mère, une Noire de la Nouvelle-Écosse. 

illustration de Nathan Hall portant des lunette

  

Même s’il connaît bien ses origines, 

le fait de grandir dans une société 

où rien n’était pensé pour lui 

a embrouillé sa quête d’identité. 
 

Au début de sa carrière, 

peu confiant en ses capacités, 

il a dû mettre les bouchées doubles 

pour arriver à se prouver. 

  

Si cette vaillance l’a bien servi, 

il a fini par décrocher 

et par vouloir changer de vie 

pour enfin se sentir valorisé. 

 

Nathan a alors eu l’idée 

de lancer sa propre entreprise 

pour aider les organisations 

à devenir plus inclusives. 

  

Ses services de consultation 

d’évaluation et de formation 

transforment les milieux de travail 

en favorisant l’inclusion. 

  

Cette culture qu’il a toujours voulue, 

il s’applique maintenant à la créer, 

parce que tout le monde mérite 

d’être vu, reconnu et célébré. 

Portrait de Nathan Hall

D’aussi loin qu’il s’en souvienne, Nathan Hall (B.Sc.Soc. 2007), a toujours lutté pour se faire accepter.

Nathan Hall est né à Halifax, en Nouvelle-Écosse, d’un père immigré de la Jamaïque et d’une mère originaire des Maritimes et d’ascendance afro-néo-écossaise et guyanaise. Très tôt, il a compris que la construction de son identité allait se heurter au regard des autres, qui se bornait à son apparence et à ses origines.

« Je suis né [au Canada], mais on ne me considère ni Jamaïcain, ni vraiment Canadien, et c’est comme ça pour toutes les personnes issues de l’immigration, peu importe le nombre de générations les ayant précédées », déplore-t-il. « On me dit encore parfois de retourner dans mon pays. Cette injustice a marqué ma vie, et c’est ce qui motive mon action aujourd’hui. »

Une fois diplômé en sociologie de l’Université d’Ottawa, il a fait son entrée dans le monde du travail, où la question de l’appartenance l’a poursuivi. Il a vu le doute et le syndrome de l’imposteur s’insinuer en lui. Souvent la seule personne de couleur dans les réunions, il se sentait obligé de travailler deux fois plus fort que les autres pour faire ses preuves. C’est son expérience personnelle qui l’a préparé à affronter l’incertitude de l’entrepreneuriat, en plus de nourrir son désir d’œuvrer pour l’inclusion de toutes et de tous en milieu de travail.

Nathan Hall vit aujourd’hui à Ottawa, où il est un entrepreneur primé, dévoué à la sensibilisation et « papa idéal » autoproclamé de son fils de quatre ans. Il est à la tête de deux entreprises florissantes : Simple Story, une agence de vidéomarketing, et Culture Check.

Culture Check travaille sur deux fronts. D’une part, l’entreprise soutient les 80 % de personnes racisées qui appréhendent le racisme dans leur milieu de travail, en validant leur expérience et en les aidant à renforcer leur confiance en soi et à bâtir leur carrière.

D’autre part, à la lumière d’études de cas et d’observations à partir d’expériences réelles, elle offre de la formation aux organisations et à leurs dirigeantes et dirigeants sur les façons de déceler et d’éradiquer le racisme dans leur entreprise.

Et la mission de Culture Check répond manifestement à un besoin réel : en 2021, 7 000 personnes en tout ont fait appel à ses services de formation et d’aide aux personnes racisées.

« Chacune de ces personnes va passer le mot autour d’elle », affirme son fondateur. « Pour nous, ce ne sont pas de simples clientes et clients : ce sont des personnes qui en dirigent d’autres et qui vivent avec nous, dans nos collectivités. Nous récolterons les fruits de toutes ces graines que nous avons semées. »

Sa plus grande récompense, ce sont les remerciements des personnes de couleur : « Quand je les entends dire “Merci, je ne me suis jamais senti aussi respecté au travail” [...] Et c’est cela notre raison d’être : stimuler le changement pour le mieux-être de cette population. »

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