L’organisme
She Matters United est un organisme sans but lucratif dirigé par des personnes survivantes qui œuvre à combler les lacunes dans les soins et le système de justice en matière d’agression sexuelle. Son travail porte sur la défense systémique des droits, la recherche juridique et la création de ressources visant à améliorer l’accès à la justice des personnes survivantes de violence sexuelle, particulièrement les populations mal desservies, comme les personnes mineures et celles vivant dans les communautés nordiques, rurales ou éloignées du Canada.
Type de projet
Recherche juridique
À propos du projet
Les personnes survivantes de violence sexuelle vivant dans des communautés rurales, éloignées ou mal desservies font souvent face à des obstacles importants lorsqu’elles tentent d’accéder rapidement à un examen médico-légal. Ces obstacles peuvent comprendre l’isolement géographique, l’accès limité à des infirmières examinatrices spécialisées en agression sexuelle ou à d’autres professionnels de la santé ayant reçu une formation particulière, de longs délais d’attente ainsi qu’une méfiance personnelle ou systémique envers les institutions médicales et juridiques.
Ces délais peuvent entraîner la perte d’éléments de preuve médico-légale devant être recueillis rapidement. En réponse à des difficultés semblables, certains ressorts, notamment l’Australie et le Royaume-Uni, ont adopté des modèles d’autoprélèvement accompagné, parfois appelés trousses de collecte précoce d’éléments de preuve. Ces modèles permettent aux personnes survivantes de préserver des prélèvements par écouvillon, des échantillons de vêtements ou d’autres éléments de preuve dans un environnement offrant du soutien lorsqu’un examen médico-légal complet n’est pas immédiatement accessible. L’autoprélèvement accompagné vise à compléter, et non à remplacer, l’accès à un examen médico-légal complet.
Avec le financement de Femmes et Égalité des genres Canada, She Matters United étudie la possibilité d’introduire l’autoprélèvement accompagné au Canada. Les étudiants contribueront à élaborer l’argumentaire juridique et le fondement politique nécessaires à la mise en place d’un cadre d’autoprélèvement accompagné qui protège l’autonomie et la sécurité des personnes survivantes ainsi que leur accès à la justice.
Les étudiants n’interagiront pas directement avec des clients ou des personnes survivantes. Leurs recherches et leurs livrables définitifs seront remis directement à She Matters United afin de soutenir les activités organisationnelles et de défense des droits de l’organisme.
Ce que vous ferez
Les étudiants devront :
- examiner les recherches préliminaires de She Matters United sur l’autoprélèvement accompagné;
- étudier le cadre juridique canadien régissant la collecte de preuves médico-légales à la suite de violences sexuelles;
- examiner les règles pertinentes du droit criminel, du droit de la preuve, du droit de la protection de l’enfance et du droit constitutionnel;
- relever les obstacles juridiques et politiques à l’introduction de l’autoprélèvement accompagné au Canada;
- étudier la jurisprudence et les exigences applicables en matière de preuve;
- examiner l’admissibilité, la préservation, la continuité et la manipulation des éléments de preuve recueillis par la personne survivante;
- examiner les droits, l’autonomie, la vie privée, la sécurité et le consentement éclairé des personnes survivantes;
- étudier les modèles d’autoprélèvement accompagné et de collecte précoce d’éléments de preuve utilisés en Australie, au Royaume-Uni et dans d’autres ressorts pertinents;
- comparer les modèles internationaux aux cadres juridiques canadiens existants;
- déterminer les réformes législatives ou politiques nécessaires à l’introduction de l’autoprélèvement accompagné au Canada;
- formuler des recommandations fondées sur le droit à l’intention des communautés, des municipalités et d’autres décideurs; et
- présenter les résultats de la recherche sous la forme de recommandations accessibles et rédigées en langage clair.
Les étudiants devront travailler en étroite collaboration avec She Matters United afin que leurs recherches tiennent compte des réalités des personnes survivantes et des communautés touchées.
Ils devront communiquer avec l’avocate superviseure, préparer un plan de travail et le remettre à la personne responsable de la coordination du programme d’EPBC et à l’avocate superviseure au plus tard le 1er novembre.
Formation et supervision
Au début du projet, She Matters United offrira une séance d’orientation portant sur :
- le mandat de l’organisme;
- les communautés touchées par la recherche;
- la portée et les conclusions de la recherche préliminaire; et
- une mise en contexte tenant compte des traumatismes afin d’aborder le sujet sensible du projet.
Les étudiants devront également participer à la formation générale d’EPBC.
L’avocate superviseure offrira environ une à deux heures de supervision par mois d’octobre à mars, à l’exception du mois de décembre. Une participation supplémentaire pourra être nécessaire au début du projet afin d’aider les étudiants à définir la portée juridique et l’orientation de leur travail.
L’avocate superviseure fournira des conseils concernant la recherche juridique, l’analyse de la jurisprudence et la formulation des recommandations législatives. Elle répondra aux questions juridiques et examinera et approuvera les livrables définitifs avant leur remise à She Matters United ou leur utilisation à des fins de défense des droits.
Principaux livrables
Les étudiants produiront :
- un argumentaire juridique et une note d’orientation examinant la faisabilité de l’autoprélèvement accompagné au Canada;
- une analyse de la législation, des principes juridiques et de la jurisprudence canadienne pertinents;
- une recherche comparative portant sur les modèles internationaux d’autoprélèvement accompagné;
- des recommandations de réforme législative ou politique; et
- du contenu en langage clair soutenant l’introduction d’un cadre d’autoprélèvement juridiquement solide et axé sur les personnes survivantes.
Les livrables définitifs soutiendront directement les activités de défense législative et de réforme du droit de She Matters United. L’avocate superviseure examinera et approuvera toutes les ressources avant qu’elles soient communiquées ou utilisées à des fins de défense des droits.
Nombre d’étudiants
2 étudiants
Qui peut présenter une candidature?
Les étudiants des années supérieures.
Langue du projet
Anglais. Le bilinguisme n’est pas exigé.
Nature sensible du sujet
Ce projet comprend des recherches portant sur la violence sexuelle, les abus sexuels envers les enfants, la collecte de preuves médico-légales et les expériences des personnes survivantes. Avant de présenter une candidature, les personnes intéressées doivent examiner attentivement leur degré d’aisance et leur capacité à travailler sur ces sujets.
Préalables et atouts
Les candidats doivent démontrer :
- de la maturité émotionnelle et la capacité d’aborder avec sensibilité les recherches portant sur la violence sexuelle et les abus sexuels envers les enfants;
- de solides compétences en recherche et en rédaction juridiques autonomes;
- la capacité de travailler efficacement à un projet autodirigé;
- la capacité de communiquer en langage clair des questions juridiques et politiques complexes;
- un bon jugement lors de l’élaboration de recommandations touchant les personnes survivantes et les communautés vulnérables;
- une communication fiable avec l’organisme et l’avocate superviseure; et
- la capacité de consacrer environ trois à cinq heures par semaine au projet.
Il est préférable d’avoir suivi le cours de droit criminel. Des cours ou une expérience en droit de la preuve, en droit de la protection de l’enfance ou en droit constitutionnel constitueraient un atout.
Une expérience préalable ou un intérêt manifeste pour l’accès à la justice, le droit criminel, la défense législative, le droit comparé ou l’élaboration de politiques axées sur les personnes survivantes constituerait également un atout.
Superviseures du projet et du travail juridique
Superviseure du projet : Victoria Donkin, chercheuse en équité en santé, She Matters United
Avocate superviseure : Emma Partridge, avocate, Gluckstein Lawyers
Les étudiants effectueront le projet à distance selon un horaire flexible établi en collaboration avec l’organisme et l’avocate superviseure. Ils devront avoir accès à un ordinateur, à une connexion Internet fiable, à Zoom ou à une autre plateforme de vidéoconférence ainsi qu’à des bases de données de recherche juridique comme CanLII et Westlaw.